Le crépuscule de la carrière administrative de Medjo Mittom, jusqu’à hier secrétaire général au ministère de la Communication n’a pas été aisé. Retraité depuis de nombreuses années, l’ex-enseignant des lycées et collèges a encore travaillé pendant des années avant de voir arriver sa chute. Il a eu de sérieux démêlés avec les deux derniers ministres qui se sont succédés à la communication. Lésé et éloigné des délices de la mangeoire dans le cadre du « partage » du gâteau financier débloqué à la faveur de l’arrivée du pape Benoît XVI au Cameroun, le Sg s’était plaint publiquement au cours d’une réunion interne. Il avait même pris le contre-pied du ministre Jean Biyiti bi Essam, au point de démentir les chiffres en terme de reddition des comptes que celui-ci tentait de faire passer en douce. Une infidélité que Jean Pierre Biyiti bi Essam ne lui a jamais pardonnée même après avoir rebondi au ministère des Postes et télécommunication. Comme cela ne suffisait pas, le Sg à qui le ministre Issa Tchiroma Bakary avait concédé une confiance aveugle à son arrivée au ministère de la Communication, ne l’a pas mérité. Impliqué dans une grosse affaire de milliards concernant les indemnités que l’Etat devait payer à un ancien directeur du Fodic. Il se murmure que tout est réglé et que c’est par vigilance que le ministre Issa Tchiroma avait découvert le pot aux roses. Voyant en cet acte une sorte de trahison, le ministre était allé se plaindre auprès du Premier ministre non sans exprimer son désir de ne plus jamais travailler avec son collaborateur. Son collègue et voisin de bâtiment n’a pas échappé au coup de fouet du Prince.
Presque retraité lui aussi, Ayatou Oumarou, secrétaire général du ministère de la Culture, lui aussi limogé, a passé son temps à se tourner les pouces, face à un mastodonte nommé Ama Tutu Muna. Le Sg déchu avait commis le pêché de se montrer comme un homme de caractère. Il en a eu à ses dépends face à la ministre de la culture qui n’aime pas de fortes têtes ; elle qui a pris l’habitude de « suspecter » ses collaborateurs jouissant d’un décret présidentiel. S’agissant de Maurice Doube, Ndgwa Alphonse, Meka, respectivement secrétaires généraux au ministère de la recherche scientifique et de l’innovation, ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, ministère des Travaux publics, leur limogeage tient davantage au fait qu’ils sont frappés par l’âge limite. Les dossiers qu’ils ont pour la majorité introduit pour une éventuelle prorogation, ont échoué sur le refus catégorique du premier ministre d’y donner droit.
La rançon de la gloire
Les promotions de Essomba Pierre et Emmanuel Ndjéré respectivement aux postes de Sg au ministère de l’Administration territoriale et la décentralisation pour le premier et au ministère de la Communication pour l’autre sont une sorte de récompense au mérite et à l’excellence. La promotion de Essomba Pierre jusque là chef de la division des affaires juridiques dans le même ministère, s’explique de par la maîtrise qu’il a des dossiers. Homme de confiance et fidèle ouvrier, il est l’homme de main du ministre Marafa Hamidou Yaya. A en croire ses collègues, sa compétence est avérée ; il a été la cheville ouvrière de toutes les réformes engagées au sein dudit ministère depuis quelques années. Il est d’autant plus apte à coordonner le ministère à en juger par sa compétence, sa disponibilité et ses travaux sur la décentralisation. S’agissant de l’ex-Inspecteur général au ministère des Domaines et des affaires foncières, s’il y en a un dont la promotion ne fait pas beaucoup de plaisir c’est certainement l’ex-ministre Pascal Anong Adibimé qui doit se mordre les doigts pour avoir confiné au garage, ce technocrate à l’expertise avérée que Abogo Nkono alors secrétaire général des services du Premier ministre avait amène avec lui au Mindaf. Dans la guerre qui a opposé les deux frères du village Ombessa, Emmanuel Ndjéré avait ouvertement pris fait et cause pour Abogo Nkono, mettant en minorité les prétentions du paysan d’Ombessa. En faisant le choix d’envoyer Emmanuel Ndjéré au ministère de la Communication, le chef de l’Etat ôte un caillou dans la chaussure du ministre Jean Baptiste Béléoken. Mais il crée un véritable challenge entre Issa Tchiroma et le nouveau promu.
lemessager












Pourquoi la retraite est elle considérée comme une sanction au Cameroun. Tout fonctionnaire de par le monde aspire à une retraite paisible, au repos après une longue carrière administrative. On ne peut pas utiliser ici le terme se débarrasser. La loi Cameroun fixe l’âge de la retraite, chaque fonctionnaire en est conscient.