L’affaire n°93 opposant le ministère public à Anani Rabier Bindzi et quatre autres accusés à savoir Thierry Nzeutong Ngongang, Alex Gustave Azebaze, Manassé Aboya Endong et Jean Marc Soboth (tous des journalistes) était bien inscrite mardi 12 janvier 2010 au rôle du tribunal de première instance de Bonanjo à Douala. Sur le document qui portait la signature de l’administrateur des greffes, Me Abbo Amadou, le chef d’accusation était clairement indiqué: viol du secret de l’instruction. Au bout d’une demie heure, d’échange axé sur les préalables, notamment l’identification des prévenus et la constitution de la partie défenderesse, l’affaire a été renvoyée au 9 février 2010, à la demande du conseil des accusés constitué entre autres des maîtres Pensy, Ngnié Kamga, Yana, Kana, Bisseck….
Motif, le conseil souhaite prendre connaissance des dossiers et préparer sereinement la défense. Arguments suffisants pour faire plier le juge Ondoua. A l’exception de Jean Marc Soboth, journaliste, premier secrétaire du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), les quatre autres accusés, Thierry Nzeutong Ngongang directeur de l’information et des sports à Spectrum télévision (STV), Alex Gustave Azebaze, promoteur de l’agence de presse Aga medias inc et membre des bureaux du Syndicat national des journalistes du Cameroun et de l’Union des journalistes du Cameroun, Anani Rabier Bindzi, directeur de la coopération internationale à Canal 2 international et Manassé Aboya Endong, directeur de publication de Africa Top Secret et enseignant de science politique à l’Université de Douala, ont répondu présent à cette première audience.
Dérive dictatoriale
L’absence de Jean Marc Soboth a fait l’objet d’une joute oratoire entre Me Pensy et le procureur de la République, Juille Tekang. C’est qu’aux dires de l’avocat, l’intéressé n’a pas été notifié ce qui témoigne . Que non ! Rétorque le procureur de la République Juille Tekang qui argue de ce que Jean Marc Soboth, pour l’heure, n’a pas été cité dans l’affaire comme prévenu. Au sortir de cette audience, à laquelle avaient assisté des hommes politiques à l’instar de Jean Michel Nintcheu, député du social democratic front (SDF), Banda Kani, président du MANIDEM, des syndicalistes et une escouade d’hommes et femmes des médias, les langues se sont déliées.
Pour l’élu du peuple cette affaire est . En ce qui concerne le sieur Nzeutong Ngongang, son conseil, Me Pensy avoue que son client ne devrait pas recevoir la citation directe en lieu et place de la personne civilement responsable, c’est-à -dire STV qui l’emploie. Le ton est donné. Les débats au fond dans les jours à venir s’annoncent d’ores et déjà houleux. Pourvu qu’au sortir de ce feuilleton juridico-juridique et médiatique, la liberté d’expression soit sauvegardée. Et le droit dit. Affaire à suivre…
Par Alain NJIPOU | Le Messager











