Officiellement, la visite du président de la Turquie à Yaoundé est placée sous le prisme de l’intensification des échanges commerciaux entre la Turquie et le Cameroun. C’est la première fois qu’un président de ce pays visite le Cameroun. Il conduit une délégation composée 120 hommes d’affaires selon certains confrères. Ce qui laisse croire à une véritable opération de prospection d’un marché en friche, surtout dans un pays au potentiel riche et varié, mais très mal exploité. Et dans ce domaine des échanges et du commerce, la Turquie dispose de ce qu’il faut pour booster l’économie du Cameroun et contribuer également à son industrialisation. Sur le plan des échanges commerciaux, le Cameroun exporte du bois, du pétrole brut, ou encore de l’aluminium. Ce qui pourrait conduire à des partenariats pour le développement de ces secteurs. Des opportunités à saisir dans un contexte où le Cameroun célèbre son cinquantenaire, et communique sur sa vision économique d’ici à l’horizon 2035. Or, la Turquie est un pays marqué par le développement de l’industrie lourde telle que la métallurgie ou l’aéronautique. Peut-elle s’intéresser à certains grands projets de développement lancés au Cameroun et qui ont du mal à démarrer ? On peut citer dans la foulée les projets d’exploitation du fer, de la bauxite, du nickel. A cela, on peut ajouter les projets de Lom Pangar, Memve’le et autres.
Positionnement
« J’aurai l’occasion de discuter des relations politiques ainsi que des questions régionales et internationales ». Ces propos du président Abdullah Gül traduisent le fait qu’en dehors des questions d’échanges commerciaux, il y aurait des questions stratégiques liées au positionnement sur l’échiquier international. Par cette volonté de pénétrer le sol africain qui est devenu un terrain de prédilection des grandes puissances, la Turquie voudrait démontrer, surtout à la France et l’Allemagne qui s’opposent fermement à son entrée à l’Union européenne, qu’elle dispose des atouts et qu’elle peut les tutoyer en glanant aussi des parts de marché dans un continent où ils se sont taillés la part du lion. Cette intention est développée lorsque le président turc déclare, comme le rapporte certains de nos confrères, « Nous discuterons également des moyens d’accroître notre coopération. La Turquie coopère avec les deux pays sur les secteurs minier, énergétique, touristique et agricole ». Tout semble indiquer que la Turquie est dans une vaste opération de prospection du marché africain. Et Paul Biya, qui tient à la mise effective de ses « ambitions », ne peut que se saisir d’une pareille opportunité à lui offerte par ce géant de l’Eurasie.
Si d’autres coopérations avec des pays comme la Chine, le Japon et le Brésil portent des marques visibles, même si tous les contours de la coopération ne sont pas rendus publics, force est de s’interroger sur la matérialisation d’une telle démarche, au vu des lenteurs administratives dans les procédures de création d’entreprises, des délais relativement longs dans les opérations du commerce extérieur, ou encore la pratique de la corruption, les trafics d’influence et les batailles de positionnement. On a encore à l’esprit les Indiens, venus pour l’exploitation de la ferraille issue des épaves de navire au port de Douala, ils s’apprêtent à fermer boutique à cause de tous les désagréments subis, ceci pour des intérêts égoïstes de certains fonctionnaires.
Par robert.ngono.ebode | Le Messager











