Au cours de l’imposant meeting populaire du RDPC samedi à Douala, René Sadi a appelé les militants à la mobilisation face à l’adversité.
Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Le RDPC n’a jamais aussi bien porté son nom. Le parti fondé le 24 mars 1985 en a mis plein les yeux samedi dernier sur les berges du Wouri. Le meeting, qui a largement dépassé la démonstration de force annoncée, a montré, si besoin en était, que le RDPC est plus populaire que jamais, plus majoritaire que jamais, et plus puissant que jamais. Une vraie machine. Et la machine n’a pas failli, dans un climat doux comme on en voit rarement à Douala, propice au ralliement pour l’idéal du Renouveau. René Sadi, le secrétaire général du Comité central du RDPC en maître des cérémonies, n’en croyait pas lui-même ses yeux devant ce déploiement massif. Une certaine émotion pouvait même se lire sur son visage au moment de prononcer son allocution : « Il y a des signes qui ne trompent pas, des faits sans commentaires, des gestes plus parlants que tous les discours », a-t-il commenté.
Et devant la mobilisation tous azimuts des sections du Wouri, le SG, accompagné du gotha du parti, a déclaré : « J’ai voulu vous voir et vous entendre, et me joindre à vous pour qu’ensemble nous réaffirmions notre soutien indéfectible au président Paul Biya, pour que nous l’invitions à être à nouveau notre candidat à l’élection présidentielle de 2011 ». Pour lui, cette invite n’est pas de pure forme, ni un effet de mode car à Douala selon lui, « on sait dire non quand c’est non, et oui quand c’est oui ».
Un militant et non des moindres qui a dit « oui » au président Paul Biya, c’est Laurent Esso, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. Il a tenu à être aux côtés de la délégation du Comité central pour ce meeting dans son « village ». « Le RDPC avance majestueusement sous la présidence éclairée du président Biya », a-t-il déclaré. Cependant, pour lui, devant une concurrence quasi inexistante, et une trop grande réussite, le risque serait que les militants deviennent eux-mêmes leurs propres adversaires. « Une de vos missions est de faire éviter cet écueil politique à notre parti », a-t-il souligné. Foi inébranlable renforcée dans le Wouri donc, qui pousse Laurent Esso, à lancer solennellement au secrétaire général du Comité central : « Dites au président Paul Biya que nous les militants du RDPC et la grande majorité l’avons choisi librement et démocratiquement. Nous sommes fiers de lui, et sa dignité nous comble d’admiration. Dites lui que nous allons à nouveau le plébisciter en 2011 ».
Taire les querelles
Et devant la recommandation de René Sadi : « Taire les querelles de clochers et mener les combats qui méritent d’être menés », les nombreux orateurs n’ont eu de cesse de vanter les mérites de leur champion. Et à le pousser à redescendre une nouvelle fois dans l’arène. Ils étaient nombreux : de Lengue Malapa, maire de Douala 1er à Thomas Tobbo Eyoum, coordonnateur des activités dans le Wouri, en passant par Lobe Manga de l’OJRDPC, Armande Din Bell de l’OFRDPC, l’opérateur économique Jacques Bimaï, Manga Zang, etc., la même rengaine, celle de l’unité et l’attachement au président Paul Biya. Palme spéciale à l’inégalable Françoise Foning, qui dans ses harangues a choisi le ton populaire : « Il n’y a rien, c’est l’homme qui a peur » ; « Quand Dieu protège quelque chose, ça se voit ». Et de balayer les velléités divisionnistes : « Majorité, minorité, quand tout le monde s’entend, il n’y a pas de problème. Le président Paul Biya a placé l’unité nationale au centre de sa politique ».
Sur les berges du Wouri, lieu mythique où se tiennent les manifestations du Ngondo, le traditionnel a aussi prévalu, en témoigne la présence massive des dignitaires de la région. L’élite traditionnelle Sawa a remis symboliquement au président du RDPC un « Elimbi » (tam-tam). « Cet instrument a deux objectifs : dire au chef de l’Etat que le peuple sawa est derrière lui et lui demander d’être candidat à la présidentielle de 2011. C’est un instrument d’immortalité. Que ses œuvres soient immortelles ». La lecture de la motion de soutien – de « l’engagement des populations du Wouri » corrige-t-on – au président Paul Biya a clos ce meeting. Ça s’appelle tout simplement : Rassemblement démocratique du peuple camerounais.
Alain TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune











