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« La session budgétaire convoquée Agression : Les coupeurs de route sévissent à Mbandjock »

Privatisation de la police: Profond malaise au sein de la surêté nationale

A PRIVATISATION DE LA POLICE : PROFOND MALAISE AU SEIN DE LA SURETE NATIONALE

Chers compatriotes, nous sommes un groupe de fonctionnaires de la sûreténationale camerounaise. Inspecteurs de police et gardiens de la paix, bref, les« prolétaires » du corps. Vous vous demandez certainement ce qui peut pousserdes policiers à sortir de leur réserve. L’armée est surnommée « la grandemuette » ; la police aussi est astreinte à la réserve. Mais il arrive unmoment où on ne peut plus se taire sous peine d’exploser de la colère quigronde en nous, du malaise qui nous envahit depuis quelques années. Aussi venons nous ici vous faire part d’une manœuvre, disons plutôtd’une vaste mafia organisée au sein de la police par ses propres chefs et quis’apparente ni plus ni moins à une privatisation par ces derniers du servicepublic de la sûreté nationale. Les événements récents qui ont eu lieu à Limbe démontrent à perfectionqu’il y a des problèmes à la fois structurels et opérationnels au sein desforces de défense camerounaises.

Ce qui conduit à notre incapacitéd’assurer la sécurité de ce pays et de ses citoyens. Mais au lieu dechercher des solutions à cela nos responsables réfléchissent plutôt sur lespossibilités de s’enrichir. Ceci n’est pas l’apanage de la police mais ausein de ce corps le phénomène a atteint des proportions tel qu’il seraitdangereux de le laisser courir. Le fait est que les patrons de la police, depuis le délégué généraljusqu’aux chefs d’unités en passant par les délégués provinciaux onttransformé les fonctionnaires de la sûreté nationale en vigiles. Un couple depoliciers devant une microfinance, une banque ou un autre type d’entreprise,armes en bandoulière est devenu un phénomène tellement banal qu’on ne leremarque même plus.

Et pour cause, toutes les microfinances (Dieu sait qu’ily en a, des microfinances ), les banques se font garder par des policiers etplus rarement par des militaires et des gendarmes. Les hommes en tenues sontdevenus des gardiens ! Pire même des particuliers ont des gardes de corpspoliciers. C’est le cas de James Onobiono ou de Hervé Nkom pour ne citer queces deux là, derrière qui vous verrez traîner un policier (des inspecteurs depolice pour ces deux cas). C’est facile ! Vous-même vous pouvez bénéficierde cette mesure, il suffit de pouvoir payer. Même l’industrie du jeu s’yest mise.

De plus en plus de casino payent les services de la police pourassurer leur sécurité. Ceux-ci se tournent vers les commissariats spéciauxpour avoir deux voire trois flics en civil dans leurs boites la nuit. Voila ceà quoi les chefs ont transformé la police camerounaise aujourd’hui. Elle estdevenue comme une société commerçante qui vend ses services aux plus offrant.Et le service public ? On s’en fout du moment où on s’en met plein lespoches. Tenez dans le seul boulevard de la liberté, de l’Hotel le Ndé au Cinémale Wouri on compte pas moins de 24 établissements financiers qui se font garderpar des hommes en tenues. Cela fait au moins 48 hommes ainsi immobilisés pourun seul morceau de rue.

C’est ainsi que dans la seule ville de Douala il y aau moins 200 entités qui monnaient les services des forces de l’ordre. Leplus gros client c’est bien sûr Express Union qui, avec plus de 300 agencesau Cameroun « utilise » seule plus de 600 policiers. Suivent lesétablissements de microfinances qui foisonnent actuellement avec chacun unemyriade d’agences, et les banques, sans oublier les particuliers nantis qui sepayent un « baby sitter » galonné. Le « règlement » veut qu’il y ait aumoins deux hommes à chaque poste, question de doubler la mise.

Il y a despostes comme Bicec et Cbc Bonanjo où l’on trouve 4 voire 5 gars en treillisqui se morfondent en pestant contre le temps qui coule trop lentement à leurgoût. L’ennui. Logiquement, la grande pourvoyeuse est le GMI du Littoral. Cette unité couvretellement de postes qu’au final elle ne dispose plus de suffisammentd’hommes pour effectuer son service normal. Conséquence il y est instaurer undoublage systématique et permanent. Ceci signifie qu’un élément du GMI/2travaille pendant 24 heures pour se reposer pendant 12 heures avant de revenirpour 24 heures et ainsi de suite. Mais les plus affectées sont les unités desécurité publique.

Celles-ci sont tellement désossées qu’elles ne peuventmême plus rendre le service minimum. Allez par exemple aux commissariats du6ème et du 3ème arrondissement. La grande partie de l’effectif actif estaffectée au « gardiennage ».

CONSEQUENCES

La nuit du 21 au 22 septembre dernier a été chaude. Aux alentours de 01heures on signale des coups de feux à Makèpè. Le car du commissariat du12ème se précipite sur les lieux avec à son bord…02 policiers dont leconducteur du car. Pendant ce temps un seul est resté au poste. Cette nuit làle réseau de communication radio est très animé car la nuit est trèsmouvementée. Les voix des responsables tonnent telles des tonneaux qui fontd’autant plus de bruit qu’ils sont vides. Ils aboient des ordres en sachantbien qu’ils ne peuvent être exécutés, faute de personnel.

On annonce desbraquages par ci, des accidents et des morts suspectes par là. Dans le va etvient des cars immatriculés SN qui courent partout dans la ville, il estimpossible d’identifier un seul où il y a plus de trois hommes, hors mis dansles pick-up des Essir. Dans ces conditions doit-on encore s’interroger sur lesraisons de l’inefficacité de la police ? Où sont passés les hommes ? Ilssont affectés garde des intérêts privés. Même en journée l’effectifopérationnel des commissariats est réduit à son strict minimum. Il n’estpas rare de voir en journée un poste de police tenu par un seul homme. Au pointoù les enquêteurs ou les secrétaires sont souvent appelés à venir renforcerle poste de police. Les carrefours sont littéralement abandonnés si ils nesont pas sous la responsabilité d’un seul ou de deux hommes pour toute lajournée. Pourtant au même moment il y a beaucoup de policiers devant lesstructures financières.

Une cinquantaine d’hommes pour le GMI/2 (au bas mot),une vingtaine pour le commissariat central n°01 et autant pour le commissariatcentral n°02. La moyenne des commissariats d’arrondissement tourne autour de10 hommes. Les plus nantis sont les commissariats du 3ème et du 6èmearrondissement. Dans cette chasse effrénée aucun commissariat ne totalisemoins de 3 postes, aucun.

Donc pendant que les missions régaliennes de lapolice sont négligées, il y a au moins six hommes qui sont dédiés au gombodes chefs. Tenez par exemple au commissariat central n°02 la répartitionhebdomadaire de la « garde des microfinances » fait l’objet d’une note deservice affiché au poste de police. Là on peut lire que seize hommes parsemaine (en majorité des inspecteurs) sont affectés au gardiennage dans huitstructures. Pendant ce temps 2 ou 3 policiers seulement sont opérationnels.

LES SERVICES PAYES À LA POLICE

Les services payés sont bel et bien prévus à la police. Ils font mêmel’objet d’une règlementation. Un arrêté du délégué général à lasûreté nationale fixe les modalités de répartition des sommes généréespar ces services. Mais en l’occurrence le bat blesse à deux niveaux. D’abord, la police a ses missions qui sont principalement d’assurer lasécurité des personnes et de leurs biens et de maintenir ou de restaurerl’ordre public.

La police est une administration publique, un servicepublic.A ce titre elle doit servir l’intérêt général. Donc les services payésdont il est question ici et qui sont des services rendus à des personnesprivées et qui sont rétribués parce qu’ils n’entrent pas dans le servicepublic, ne sauraient supplanter le service public et devenir aussisystématique. Aujourd’hui les responsables de la police considèrent lesservices payés comme des marchés, et en tant que « entrepreneurs », ilscherchent ces marchés font tout pour les garder parce qu’ils sont juteux sansdemander aucun investissement. Bien plus, leurs marchés sont prioritaire surtout. Ensuite, l’argent des services payés doit être géré selon unerépartition prévue par les textes. Mais ces textes ne sont jamais respectés.Jamais.

OÙ VA L’ARGENT ?

D’abord que représente l’argent des services payés? Un bon pactole. Unseul poste vaut 400 000f par mois. Ce qui veut dire que la seule Express Unionverse 120 000 000f par mois aux différentes unités qui assurent sa sécurité.Si à cela on ajoute la foule des microfinances et autres on obtient des sommesconsidérables que les bouches des misérables comme celles de nous autres ontde la peine à prononcer.

Ce pactole se partage entre les chefs d’unités etle délégué provincial qui est le chef d’orchestre de cette mafia. Sansoublier le délégué général à qui on envoie sa part. C’est pourquoi ilregarde la machination d’un œil bienveillant. Pourtant, d’après les textes la répartition doit se faire de la manièresuivante :5O% revient aux éléments qui assurent le service ; le reste serépartit entre l’unité utilisatrice desdits éléments, la délégationprovinciale et le délégation générale.

L’argent qui va aux commissariatset aux délégations provinciales sert normalement à renflouer les budgets defonctionnement et non pour alimenter les fortunes personnelles des responsables.La part de la délégation générale doit garnir ce qu’on appelle le « fonddes punis » d’où proviennent les fonds qui servent à récompenserfinancièrement les policiers qui le méritent. Mais au leu de ça que voit-on ?Les grands galonnés se partagent tout le magot au détriment des éléments.

L’esclave a t-il droit au fruit de son travail ? On donne quand même au chienles tripes de l’animal qu’il a capturé. Et là tout dépend de la «générosité » du maître. Dans certains commissariats, pas plus 5 000f parpersonne et par trimestre (la répartition est trimestrielle alors que les «clients » payent par mois).

Les plus chanceux reçoivent 15 000f. Comme exempleprenons le commissariat central n°02 puisque nous savons qu’il y a 08 postes.Cela fait 3 200 000f par mois, donc 9 600 000f par trimestre. En distribuant 15000f par élément à environ 40 policiers qui gardent cela fait environ 600000f au lieu de 4 800 000f si il faut respecter les 50% prévus par les textes.600 000f représente 6,25% seulement. Le reste, les barons se le partagetranquillement, non content d’avoir déjà détournés la part qui est censéerenflouer les budgets de fonctionnement. C’est trop pour qu’on continue del’accepter.

D’abord ces chefs détournent les budgets de fonctionnement,mettant ainsi le « petit » policier en situation délicate face aux usagersqui ne comprennent pas par exemple que le carburant vient souvent à manquer.L’usager pense à coup sûr que le policier refuse de rendre service. Mêmeles véhicules des Essir sont souvent cloués au sol par manque de carburant.Les usagers doivent par exemple pourvoir eux même le papier pour les enquêtesou les constats d’accidents qu’ils demandent. Ensuite ils détournentl’argent des services payés destinés à leurs unités.

Enfin ils détournentl’argent qui revient aux éléments. Nos collègues du GMI sont mieux traitécoté « partage » mais cette prépondérance du service payé rétrograde leservice public au rang d’accessoire, ce qui est intolérable. Ces gros bonnets ne s’arrêtent pas là. Ils poussent le bouchon à bout. Les éléments de garde dans les microfinances doivent eux même payer leurtransport du commissariat au poste de garde alors que normalement pour toutservice hors de leur base les hommes doivent être transportés.

C’est à çaque servent principalement les car SN. Ceci veut dire que le policier part dechez lui pour son unité en payant son transport (ce qui est normal), là ildécharge une arme pour se rendre dans son poste de garde en payant encore sontransport (ce qui n’est plus normal), et le soir, il reviens au commissariatdéposer l’arme en payant son transport avant de rentrer chez lui. Ceci estd’autant plus incompressible et cruel de la part de nos chefs que ces servicesgénèrent d’énormes revenus. On assiste ici à une véritable stratégievoulu d’appauvrissement du policier d’en bas par leurs supérieurs.

PRESSIONS, MENACES

Vous vous demandez bien comment ces services payés continuent malgré tout àfonctionner. Sachant qu’avec les dérives dont ils se rendent coupables ils nepeuvent pas punir légalement un élément qui refuse de garder, nos chefs usentde méthodes dignes des pires crapules. Chantages, menaces, tout y passe. Sivous ne gardez pas, votre commissaire vous soumet à toutes sortes de brimade,d’intimidation et trouve toujours le moyen de monter contre vous un dossierdisciplinaire sous d’autres motifs. En plus il n’a qu’à rendre compte audélégué provincial qui vous affecte aussitôt à Ndom, Ngamge ou Yabassi. Cail n’aura pas à le justifier. L’affectation, c’est une arme redoutable,et ça marche. Mais au final que reste-t-il? Des policiers mécontents, aigris,démoralisés, et fortement frustrés. En faut-il plus pour fabriquer desmauvais policiers ?

Je veux dire les rendre encore plus mauvais, car il paraitqu’ils le sont déjà. Car cet état d’esprit pour le moins délétère nepeut que déteindre sur la manière de servir des hommes. Nous la nouvellegénération avons trouvé sur le terrain des anciens aigris à cause de leursavancements qui étaient gelés depuis des lustres. Nous ne connaissons pas ceproblème. Mais c’est cette affaire de garde des microfinances qui va nousenvoyer dans la rue. De discrets contacts sont d’ailleurs entrain d’êtrenoués entre les éléments des unités de Douala et de Yaoundé en vue d’unemarche.

OUI UNE MARCHE POUR CRIER NOTRE RAS-LE-BOL

. C’est sérieux et celaaura lieu avant la fin de l’année simultanément dans les deux villes. Cher compatriotes voila l’état de votre police aujourd’hui, ajouté àtout ses problème de corruption et autres. Nous avons longtemps espéré que lapresse se saisirait du problème. Cette presse qu’on dit instrumentalisée etdont l’un des principaux « faroteurs » ne serait personne d’autre que lechef de la police en personne.

Le silence de la presse a-t-il été acheté surce sujet ? Nous refusons même d’y penser. Et c’est pourquoi nous avonsrédigé cette tribune. Nous espérons trouver une presse qui aura le courage delui donner un écho. Nous appelons en même temps les journalistes à enquêtersur ce phénomène pour donner aux camerounais un compte rendu fidèle,professionnel et neutre. Il faut que cette mafia, ce bradage de la puissancepublique cesse ; que les uns cessent d’utiliser leurs collaborateurs comme desesclaves à leur disposition ; que les gens apprennent à servir et non seservir, afin que la devise « au service de tous et de chacun » ne soit pas unslogan creux. Nous vous remercions.

Le Grip (Groupe pour la revendication des intérêts des policiers)

One Response to “Privatisation de la police: Profond malaise au sein de la surêté nationale”

  1. bradock Says:

    mes fréres,le grip vient à point nommé, à un moment où le policier camerounais, le policier de la ville de douala en particulier suffoque; monsieur mebe ngo’o se sert des sanctions injustifiées et intempestives pour détourner l’attention des camerounais à propos des centaines de milliards qu’il a dérobé du trésor public depuis la présidence jusqu’à la police nationale; Cette mafia dont il et l’instigateur n’avait jamais existé avant son arrivée à la police. La police reste le seul corps de l’administration aujourd’hui où le profil de carrière est nul, le copinage, le tribalisme et le favoritisme ayant remplacé le mérite. Que fait-on des 50 milliards alloués à la police chaque année? Les policiers achètent eux mêmes leurs tenus, jusqu’aux insignes aux couleurs nationales, pourtant ces objets sont commandés en quantité débordante toute les années. Le policier n’a pas droit aux congés prévus par le statut, à cause de l’esclavage auquel il est soumis toute sa carrière durant, puisqu’on parle chaque fois du manque d’effectif; nous comprenons tout simplement qu’ils ne veulent pas réduire leur main d’oeuvre! Chers compatriotes, comment le policier peut-il mieux respecter ou mettre en application le respect des droits de l’Homme quand il est lui même maltraité? Pourquoi le services administratifs de la police ne sont-elles pas soumis au contrôle de la conac? Si rien n’est fait d’ici peu,les camerounais auront honte des surprises, car le petit policier a tant subi et il est à présent temps que les camerounais sachent exactement comment fonctionne leur police nationale: le policier est esclave et malheureux, il n’a pa le droit de crier lorsqu’on le met sur la potence, le chef ayant toujours raison.Les chefs de la police camerounaise ont une qualification machiavélique des infractions à l’égard des gpx et inspecteurs, lorsqu’ils savent qu’ils n’ont pas raison: NON RESPECT DES CONSIGNES!, et cela est validé partout, conséquence, suspensions spectaculaires lues à la CRTV pour distraire les pauvres citoyens et mieux les voler.

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