Exceptionnellement, les cadres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) à l’Ouest ont abandonné leur permanence de Bafoussam pour venir siéger dans la salle des fêtes de la communauté urbaine (CUB). Tout un symbole ! Etant donné que l’un des objectifs du conclave présidé par Jean Nkuété, Vice-Premier ministre chargé de l’Agriculture et du développement rural et chef de délégation du comité central du RDPC dans la région de l’Ouest, était l’organisateur d’une réconciliation entre Emmanuel Nzété, délégué du gouvernement auprès de la CUB, et Joseph Confiance Fongang, député à l’Assemblée nationale et président de la section RDPC de la Mifi-Ouest.
Le conflit en question résulte du fait que le parlementaire RDPC de la Mifi n’apprécie pas les options managériales du chef de l’exécutif communal de la métropole régionale de l’Ouest. L’un des points saillants du conflit en question est le recrutement par le délégué des fonctionnaires retraités à la CUB alors que de nombreux jeunes sont sans emplois. L’inimitié est autant prononcée qu’au lendemain de la désignation d’Emmanuel Nzété comme délégué du gouvernement auprès de la CUB, une bonne frange de l’élite politique de la Mifi, au nom de la protection « des minorités et des populations autochtones » l’avait contesté du fait de son appartenance au département des Hauts-plateaux et non à celui de la Mifi dans lequel se trouve la communauté urbaine de Bafoussam. Depuis lors, les joutes verbales, les correspondances et les affrontements entre les deux hommes par médias interposés n’ont cessé de faire fureur.
Un leadership boudé
Cette mission de réconciliation est donc apparue autant difficile que, sous cape, l’on fait savoir que Jean Nkuété aurait, à la demande de Madeleine Tchuinté, ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation, plaidé auprès du président de la République, Paul Biya, pour qu’il nomme Emmanuel Nzété à la tête de la CUB, au détriment d’un autochtone. A en croire les proches de Joseph Confiance Fongang, Jean Nkuété n’est pas la personne appropriée pour régler ce genre de conflit. «Jean Nkuété et tous les autres ministres originaires de la région de l’Ouest sont contre la Mifi. Ils font tout pour empêcher les originaires de ce département d’émerger en politique. Conséquence, la Mifi n’a jamais eu de ministre ou de directeur général de société d’Etat ou de membre influent au bureau de l’Assemblée nationale», explique une élite de la localité.
Faut-il néanmoins signaler que sur place, il existe des autochtones de la Mifi qui pensent qu’il faut juger Emmanuel Nzété sur son travail pour la « réhabilitation de la ville de Bafoussam » et non par rapport à ses origines. Jean Nkuété tient le même langage. Mais il n’est pas toujours suivi par ceux qui remettent son leadership en cause. Car, pareillement à la Mifi, Jean Nkuété ne parvient pas à mettre en accord dans le département du Ndé, Jean Kétcha (député), Claude Feutheu (député) et Clobert Tchatat (ministre). Reste qu’avant de boucler la réunion de Bafoussam, Jean Nkuété a demandé aux militants de toutes les sections du RDPC de la région de l’Ouest de «rester soudés» et d’être «prêts». Comme pour dire qu’il n’est pas temps de se laisser surprendre…
Guy Modeste DZUDIE (Cp) | Le Messager











