Ce jour, le secrétaire général (SG) du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) entame une visite de travail dans l’ensemble des arrondissements du Mfoundi. C’est par Yaoundé 6è que le SG du parti au pouvoir va débuter ce mercredi 10 mars 2010 cette descente sur le terrain. Le 11 mars prochain, il sera à Yaoundé 3è avant de marquer une première pose pendant le week-end. Le lundi 16 mars, il prendra la route de Yaoundé 1er, le mardi 17, Yaoundé 4è, jeudi 18 mars à Yaoundé 2è, avant de clôturer le lundi 22 mars par Yaoundé 7è. Le secrétaire général du RDPC va rencontrer les responsables du parti de ces différentes zones, les membres des bureaux des sections et des sous sections, de même que les élites RDPC.
Si l’on ignore officiellement ce qui motive cette descente sur le terrain, il faut par contre dire que cette visite de René Emmanuel Sadi semblait très attendue. Depuis qu’il a été nommé secrétaire général du comité central en 2007, la plupart des fils du Mfoundi, responsables politiques et militants du parti au pouvoir dont le siège des institutions et le siège du parti se trouvent dans leur village, avaient chaque fois manifesté le désir de l’accueillir. Une volonté qui avait été réaffirmée en mars 2008, au cours d’un grand meeting présidé à l’Hôtel de ville de Yaoundé par le secrétaire général du comité central du RDPC, quelques semaines après les émeutes dits de la faim qui avaient fortement secoué et fragilisé la capitale camerounaise. René Sadi leur avait promis de revenir. Mais le temps peut être pour lui de se rendre compte que le Mfoundi reste bien ce fief incontesté du parti de Paul Biya. Mais surtout que la rumeur selon laquelle certains fils du Mfoundi, proches du parti au pouvoir au Cameroun, avaient très peu apprécié, que Paul Biya n’ait pas choisi un des leurs pour diriger le comité central du RDPC. On se souvient en effet que la nomination de René Emmanuel Sadi, homme connu pour sa très grande discrétion, comme secrétaire général du comité central du « Parti des flammes », avait été accueilli avec une certaine timidité dans le Mfoundi. Non pas que les militants et autres élites du RDPC de ce département aient eu un ressentiment contre lui. Mais parce que, supposait –on alors, « le brusque changement au niveau du comité central conduisait à un inéluctable bouleversement au niveau de la géopolitique locale », pour reprendre un commentaire d’un ponte du régime en place, originaire du département du Mfoundi.
Mfoundi cherche porte-parole
Trois ans auront donc suffi, on l’espère, pour lever toutes les équivoques. Revoici donc René Emmanuel Sadi sur les bords du Mfoundi. Cette visite du (SG) du comité central du RDPC coïncide avec la commémoration du trentenaire de la mort de Fouda Anaba André. Il y a quelques jours, les enfants Fouda, et la grande famille Mvog Ada de Yaoundé ont organisé une messe de requiem et d’action de grâce en mémoire de l’ancien délégué du gouvernement de Yaoundé. Une cérémonie religieuse très courue. Aussi bien par les fils de la grande famille Mvog Tsoung Mballa de Yaoundé que les élites RDPC du Mfoundi. Ce fut alors l’occasion pour beaucoup de se souvenir que du temps où le Mfoundi n’avait qu’une seule section du parti au pouvoir, aussi bien lorsque régnait Fouda André que Emah Basile, les fils du Mfoundi n’avait qu’un seul porte parole. C’est ainsi que Fouda André a parlé jusqu’à sa mort au nom du Mfoundi, face à feu le président Ahmadou Ahidjo. Puis face au président Paul Biya, Emah Basile fut le porte parole incontesté. Mais depuis la disparition de l’ancien délégué du gouvernement, le Mfoundi cherche en vain un homme capable d’être son porte parole à la dimension de Fouda André ou de Emah Basile. L’éphémère règne de Amougou Noma, comme vice président de l’Assemblée nationale, puis respectivement comme président de l’ex grande section RDPC du Mfoundi et délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, n’a pas pu renforcer en lui cette étoffe de « porte parole des fils du Mfoundi ». Et depuis sa mort, le Mfoundi cherche toujours qui pourrait parler avec crédibilité en son nom. « Il faut savoir que depuis la mort d’Emah Basile considéré par son âge et son expérience à juste titre comme patriarche, le Mfoundi n’a pas encore trouvé qui peut véritablement parler en son nom. Il se trouve malheureusement que l’actuel délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, tout comme les ministres ou anciens ministres originaires du Mfoundi encore en vie, ne font pas encore l’affaire. Le premier, originaire d’une tribu minoritaire dans le Mfoundi est fortement contesté. Les autres apparaissent encore pour la plupart jeunes, et sans véritable expérience. Ce qui fait que politiquement, le Mfoundi apparaît comme cette rivière aux eaux troubles où se mangent férocement des ambitieux crocodiles », commente une élite Ewondo de Yaoundé, approché par Le Messager. Pour Beaucoup donc, la visite de René Emmanuel Sadi arrive ainsi à temps, pour aider non seulement à taire les luttes fratricides, mais aussi à clarifier les divergences et aboutir à l’unité tant recherchée.
Par jean.francois.channon | Le Messager











