L’une des faiblesses que beaucoup reprochent à la plupart des députés du Mfoundi est qu’ils ont toujours des attitudes brouillonnes lorsqu’ils apparaissent en public. Illustration en a été donnée le lundi 15 mars 2010, lors de la visite du secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), dans les sections RDPC du Mfoundi I. L’honorable Ondigui Thadéus, celui-là même qui avait remplacé son mentor politique, Emile Andze Andze au siège parlementaire du Mfoundi I, après le désistement de ce dernier au profit de la mairie de Yaoundé 1er, avait été commis à la charge de présenter à René Emmanuel Sadi et sa délégation la situation du parti dans le Mfoundi I. Son intervention venait après celle du président de la section RDPC du Mfoundi I, Emile Andze Andze qui s’est contenté de souhaiter la bienvenue à René Emmanuel Sadi et sa suite.
Lorsque l’honorable Ondigui Thadéus prend la parole, c’est à un spectacle pratiquement comique qu’il va se livrer, au point non seulement de faire rigoler toute l’assistance, mais aussi de mettre mal à l’aise les élites RDPC du Mfoundi I, qui ne comprenaient pas que l’image de leur section soit ainsi ternie. En fait « l’élu du peuple », comme il aime à se présenter, a passé son temps tout au long de son propos à donner le titre de « Secrétaire général du comité de base » à René Emmanuel Sadi. Les militants ont passé le temps à le corriger. En vain. L’honorable Ondigui Thadéus n’avait en bouche lorsqu’il parlait du René Sadi que du « Monsieur le secrétaire général du comité de base ». Quand bien même après avoir été repris par ses camarades et après s’être pris à chaque fois la tête avec ses deux mains, l’élu du peuple » répétait la même bêtise.
Doléances
Hors mis cet incident « guignolesque » que les participants à cette visite du secrétaire général du comité central du RDPC ont certainement gardé dans leurs mémoires, le reste du programme s’est poursuivi par l’intervention de l’hôte du jour. René Sadi a dit aux militants du Mfoundi I ce qu’il a déjà dit aux autres sections qu’il a visitées jusque-là . A savoir qu’il est nécessaire que tous les responsables au niveau de la base aient une symbiose et une organisation solidaire dans le travail politique. Que les réunions qui se font à tous les niveaux fassent l’objet de comptes rendus réguliers qui seront envoyés au comité central. Qu’il y a lieu d’être vigilent « face aux attaques et calomnies dont fait l’objet le président Paul Biya ». Et qu’enfin, il faudrait constituer un fichier des militants « pour savoir combien nous sommes. Ceci pour éviter les militants fictifs qui surgissent souvent lors des opérations de renouvellement des organes de bases », a précisé le SG du comité central du RDPC.
La cérémonie se déroulait dans la salle du Cercle municipal du côté de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Ce fut une réunion sans grand enthousiasme des militants. Du moins du côté des hommes. Seules les femmes de l’OFRDPC essayaient de mettre de l’animation dans la salle avec des rengaines à la gloire du président national du RDPC. C’est alors qu’on apprend que la timidité des hommes du RDPC de la section du Mfoundi I serait due au fait que beaucoup ne partagent pas vraiment les options politiques de leur président, Emile Andze Andze. Notamment par sa propension à cumuler tous les postes dans le Mfoundi I, à savoir, maire, député (ex), et président de section. Mais aussi par sa gestion quotidienne du parti jugée sectaire. Dans l’entourage de l’actuel maire de Yaoundé 1er on rejette évidemment toutes ces « rancoeurs » en expliquant que « les grandes élites RDPC et autres hauts cadres du Mfoundi I, ne veulent tout simplement pas apporter leur collaboration au président de la section ». C’est d’ailleurs dans cette logique accusatoire qu’une militante de l’OFRDPC du Mfoundi I a pris la parole pour faire remarquer au secrétaire général du comité central du RDPC que le ministre actuellement en fonction et originaire du Mfoundi I, à savoir Etoundi Ngoa Laurent Serge, ministre des Petites et moyennes entreprises « n’assiste pas beaucoup les militants de base du Mfoundi I ». Une accusation péremptoire qualifiée de maladroite par la plupart des militants de la section RDPC du Mfoundi I, et à laquelle le ministre Etoundi Ngoa a voulu répondre. Mais, bien de ses proches lui ont expressément demandé « de ne pas céder à la provocation des militants que ses adversaires politiques manipulent ».
Les doléances les plus essentielles des jeunes militants de l’OJRDPC du Mfoundi I adressées à René Sadi et à sa délégation, ont porté sur la promotion de l’emploi des jeunes, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de vies et la lutte contre la misère populaire. Un accent particulier a été mis sur la demande de la réouverture de l’Ecole des cadres qui a existé autrefois. « Nous voulons cette école qui permettra la formation des militants qui veulent faire de la politique une profession. Beaucoup, parmi nous entrent en politique de manière accidentelle. Il est nécessaire que cette Ecole des cadres soit ressuscitée. Elle permettra de faire de vrais militants. Et non des opportunistes comme c’est le cas aujourd’hui », a expliqué au Messager un cadre de la section RDPC du Mfoundi I. Les jeunes militants de l’OJRDPC se sont aussi dits lésés dans les avantages sociaux au Cameroun (emplois, nominations à des postes de responsabilités, etc.), par rapport aux mouvements tels que la PRESBY ou encore la JAC HABI qui semblent selon eux avoir toutes les faveurs d’en haut.
Avant de quitter le Mfoundi I, le SG du RDPC a indiqué à ses camarades que « le RDPC est un parti au pouvoir. Il est comptable de la gestion actuelle du pays ». Avant d’affirmer à tous qu’il a pris acte de toutes ces préoccupations de la base du Mfoundi I.
Par jean.francois.channon, Le Messager











