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Production du café au Cameroun : Un gap de 130 000 tonnes à combler dans deux ans


Ecrit Par le 18 Apr 2018 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Cameroun, Economie


Café camerounais

L’un des objectifs assignés à la filière est de produire 150 000 tonnes de café d’ici 2020. Or la production actuelle dépasse à peine 20 000 tonnes.

Alors que les chiffres de la campagne 2015-2016 font état de 24 500 tonnes de café produit au Cameroun, la production de l’année écoulée culmine à 20 270 tonnes selon les statistiques de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Soit une baisse de 17% par rapport à la précédente campagne. Bien loin de la production 2013-2014 qui s’est élevée cette année là à 32 800 tonnes, redonnant ainsi un espoir éphémère aux acteurs de la filière. Quand on sait que les prévisions ciblent une production de 150 000 tonnes de café en 2020, l’on est en droit de s’inquiéter face à la courbe sans cesse descendante qu’enregistre la production nationale du café depuis plusieurs années.

Pourtant depuis quelque temps, l’on note une certaine mobilisation autour de ce produit agricole. Mobilisation qui a laissé croire à un engouement de nouveau suscité par le café. Notamment au vu des événements que pouvoirs publics et acteurs de la filière organisent conjointement depuis un certain temps à savoir le lancement officiel de la campagne caféière, le festival du café (Festicoffee) et des rencontres professionnelles sur le café.  Il reste cependant constant que la production caféière décline sans cesse.

Une situation que les acteurs de la filière nationale imputent aux prix très peu rémunérateurs (à la différence de ceux du cacao) et en déphasage avec le volume de travail requis par l’activité de production du café, ce qui entraîne une désaffection des producteurs,  l’indisponibilité des plants, la cherté des engrais, l’utilisation de variétés anciennes aux rendements faibles, le vieillissement des plantations et des planteurs.  Pour montrer à quel niveau se situe le décalage entre les ambitions et la réalité, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC),  relève par exemple le fait que «l’Ethiopie premier producteur africain de café produit 350 000 000 de plants par an, le deuxième producteur africain qu’est l’Ouganda 250 000 000 de plants, tandis que le Cameroun ne génère que 2 000 000 de plants par an.»

Pour juguler ces difficultés, les autorités mettent en place des mesures qui prennent progressivement corps. Au rang de celles-ci, le programme « New Generation » qui vise à rajeunir la main d’œuvre au service de la production du café.  A ce sujet, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, salue « l’engagement enthousiaste et généreux des jeunes, gage de la pérennisation de notre caféiculture face au vieillissement de la force productrice. »

Par ailleurs, le Mincommerce, en se référant aux études de l’universitaire américain Jeffrey Sachs indique non sans optimisme que « la production de café va monter en puissance au  Cameroun et faire de notre pays l’un des champions de la production caféière en Afrique en 2050 ». Seulement, avant 2050, il y a 2020.

Thierry Christophe YAMB

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