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Publication des résultats électoraux: Le CNC met la pédale douce


Ecrit Par le 16 Oct 2013 Publié dans la categorie: A La Une, Politique


joseph-befe_ateba

Le dossier de presse remis à la trentaine de directeurs de publication et de responsables des rédactions invités par le président du Conseil national de la communication (CNC) vendredi le 11 octobre dernier à un dîner de presse à l’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé était intitulé: «Évaluation de la couverture par les médias des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013». C’est en écoutant le discours prononcé par le président du CNC, Mgr Joseph Befe Ateba, et remis ensuite aux participants, que l’on comprendra que l’organe étatique chargé de la régulation du secteur médiatique a choisi d’organiser un échange avec les responsables du secteur autour «d’un certain nombre d’observations et de recommandations que le Conseil national de la communication se propose de formuler en direction des médias et des pouvoirs publics».

La première observation du CNC c’est que la campagne électorale pour les législatives et les municipales du 30 septembre dernier a démarré timidement dans les médias, 39% (télé) et 32% (radio) du temps d’antenne légal réservé à la quarantaine de partis politiques en compétition ayant seulement été occupés, par exemple, sur les antennes de la CRTV. La chaîne publique a par ailleurs violé la loi en créant un autre espace de campagne électorale sur son antenne, «Droit aux urnes». Même dans la presse écrite, Cameroon Tribune et journaux privés confondus, le CNC a remarqué une trop grande place accordée à la couverture du RDPC au détriment des autres formations politiques engagées dans la bataille électorale du 30 septembre dernier.

Vu la difficulté à faire respecter la réglementation (décret du 13 février 1992) fixant les modalités d’accès des partis aux médias audiovisuels de service public et qui octroie le temps de parole aux partis en fonction de leur représentativité, le CNC propose simplement la révision de cette disposition et recommande ce qui se fait ailleurs, et est déjà expérimenté à la présidentielle au Cameroun: une répartition égale du même temps d’antenne à tous les concurrents.

Et vint la question qui fâche, sur la publication des résultats partiels par les médias. Pour le président du CNC, «le législateur camerounais, en rendant public le dépouillement des urnes dans les bureaux de vote après l’élection, n’entendait guère en destiner le résultat à la publication des médias». Toujours selon lui, «les rapports sortis des bureaux de vote au terme du dépouillement ne sont nullement adressés aux professionnels des médias».

Malheureusement, le patron du CNC n’a pu convaincre personne de cette interprétation personnelle mais erronée de la loi électorale camerounaise. Il a voulu, dans sa démonstration, convoquer le cas des décisions de justice qui ne doivent pas être commentées par les journalistes. Mais ceux-ci lui ont rappelé que ces décisions de justice sont quand même publiées dans les comptes rendus d’audience. De même dans un autre domaine sensible comme le football, les médias diffusent les résultats des matches en temps réels qui peuvent par la suite être confirmés ou rectifiés par les commissions d’homologation des instances habilitées telles que la Fécafoot.

Le vice-président du CNC, Peter Essoka, et le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, ont par la suite tenté de venir au secours de Mgr Befe Ateba. Sans plus de succès, n’ayant aucun élément concret pour étayer une telle démarche, se contentant de dire que même si la loi est mauvaise il faut d’abord l’appliquer ou bien que «s’il existe des dispositions légales ou réglementaires qui n’autorisent pas la diffusion de tendances».

Mais pourquoi parler au conditionnel alors que la loi électorale est là et ne comporte pas pareille disposition? La décision de la Haute autorité de l’audiovisuel du Bénin du 17 mars 2011 reproduite dans le Guide du journaliste en période électorale produit par le CNC ne pouvant servir par ailleurs de jurisprudence dans le contexte camerounais.

Finalement, le CNC a eu raison d’ouvrir ainsi Je dialogue sur cette question. Une démarche qui aurait sans doute été plus utile encore avant le scrutin, et avant le communiqué menaçant du CNC contre les médias qui publieraient les tendances des élections du 30 septembre 2013. «Je ne suis pas un père fouettard», a admis le président du CNC. Tant mieux! Encore que la profession a besoin d’une régulation rigoureuse, mais pas celle basée sur des abus.

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