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/RAYMOND TCHENGANG: « ODILE NGASKA EST LÀ AVEC SON CONSEIL D’ADMINISTRATION POUR TUER L’ARTISTE »


Ecrit Par le 26 Oct 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Culture, Musique, Société


Administrateur à la Société camerounaise de l’art musical (Socam). Producteur des œuvres artistiques, promoteur culturel et bien d’autres activités, Raymond Tchengang ne cache plus sa colère contre ses amis d’hier par rapport à la gestion des artistes musiciens au Cameroun.

Il était l’invité à Equinoxe TV dans son talk show ‘’Disons Tout’’, le jeudi 18 octobre 2012, où il a présenté au grand public des fiches de versement d’argent par la société Guinness et d’autres fiches de mouvement bancaire effectué par la Pca.

Nous l’avons rencontré à la fin de ce programme télévisé où il a étalé les tares d’une gestion presque nulle des droits d’auteur au Cameroun par la Socam sous l’impulsion de la Pca, Odile Ngaska que nous avons appelé en vain au téléphone, jusqu’à hier encore pour avoir une vue croisée sur un sujet aussi sérieux. Raymond Tchengang quant à lui, ne mâche pas ses mots.

Dites-nous qu’est ce qui se passe à la Socam ?

C’est très grave. La Socam est entrain de tuer l’artiste. Cette structure est comme un sable mouvant. Les artistes croyaient avoir une bonne société de droits d’auteurs, mais ils se rendent comptent c’était du sable mouvant. Voilà la rentrée scolaire. Qu’est-ce que la Socam a fait comme répartition ? Rien. Ils n’en ont fait aucune.

Le pauvre est au quartier et personne ne peut revendiquer son droit. J’ai pris sur moi aujourd’hui, la responsabilité de dire la vérité, de faire comprendre aux autorités et même au Chef de l’Etat que l’artiste est entrain de mourir au Cameroun qu’il est temps qu’il prenne des décisions. L’artiste ne mérite pas ça.

Vos propos ne sont-ils pas trop graves ? Et vous soutenez en brandissant des documents qu’Odile Ngaska s’est engagée dans de manœuvres pas du tout bonnes ?

En un mois, nous sommes entrain d’enterrer quatre artistes. Et c’est très grave. Alors que la Socam, de 2010 jusqu’à nos jours a eu presque 615 millions Fcfa. Et aujourd’hui l’artiste meure parce qu’il manque 10 mille Fcfa pour aller à l’hôpital. Ce n’est pas normal. Il faut que les autorités de ce pays agissent. Madame Odile Ngaska est là avec son conseil d’administration pour tuer l’artiste.

Ils ne sont pas là pour travailler pour l’intérêt des artistes. J’ai présenté certains documents à la télévision (Equinoxe TV dans ‘’Disons Tout’’ Ndlr). La société Guinness Cameroun verse de l’argent à la présidente du conseil d’administration de la Socam. Ce qui n’est pas déclaré. C’est très grave.

Est-ce que ce n’est pas un discours contradictoire quand on sait que vous avez soutenu Odile Ngaska pour sa candidature au poste actuel de Pca ?

Je l’ai soutenue parce que je croyais qu’elle allait nous présenter le bilan après avoir gagné les élections. Après les élections justement j’ai demandé à voir l’état de lieux c’est-à-dire, le bilan, l’état financier de la Socam. Elle a refusé et c’est là où les problèmes ont commencé. J’ai compris que la maison était pourrie.

Monsieur Raymond Tchengang quel est véritablement votre problème ?

J’ai un seul problème aujourd’hui, il faut rassembler les artistes des deux parties parce que d’un côté il y a la Cmc et de l’autre il y a la Socam. Comment se fait-il qu’un pays comme le Cameroun puisse avoir deux sociétés qui dirigent les mêmes droits ? Vous avez encore d’un côté la Cour suprême a sorti une ordonnance qui donne droit à Sam Mbendè qui a le Pca de la Cammeroon music corporation et de l’autre côté la ministre des arts et de la culture, Ama Tutu Muna qui a donné un agrément à la Socam.

On ne comprend si c’est le ministère de la culture qui domine la décision de la plus haute juridiction du Cameroun. Et pendant ce temps, la Cmc perçoit là-bas, la Socam perçoit par-ci. Les artistes même sont embrouillés. C’est tout ceci qui crée cette grande confusion que nous vivons aujourd’hui. Est-ce qu’on doit respecter la décision de la Cour suprême ou pas ? Est-ce qu’on doit respecter l’agrément du ministère de la culture donné à la Socam ? On ne comprend plus rien.

Le flou est fait tel qu’on n’a même pas l’opportunité de contrôler la gestion de qui que ce soit. Ni de la Socam, encore moins la Cmc. Mais s’il n’y a pas une solution parce qu’apparemment le ministre de la culture est plus puissante que la cour suprême, qu’on dissout alors les deux structures et qu’on crée une nouvelle société pour un nouveau départ pour que l’artiste puisse contrôler ses droits.

Vous avez en projet de créer un syndicat. Est-ce que les artistes vous suivent dans cette voie ?

Il y a une immense majorité qui me suit. Ceux qui ne le font pas, sont ceux qui sont manipulés par la Socam. Vous devez le savoir, quand il y a quelqu’un qui prêche la bonne parole, le diable passe par certaines personnes pour vouloir empêcher le bon fonctionnement. Le projet de ce syndicat a été préparé par les artistes eux-mêmes qui sont venus vers moi. Ce n’est pas le mien. Je ne suis là que pour donner ma contribution.

Vous avez la certitude qu’on finira un jour avec cette histoire de droits d’auteur ?

Mais quand je présente les documents à la télévision, c’est pour que les autorités comprennent qu’on est entrain de tuer l’artiste. On pille l’argent des artistes. Les gens doivent être au courant de tout ce qui se passe. Il faut que chacun prenne ses responsabilités. On ne comprend pas pourquoi les autorités sont silencieuses. C’est parce que ce sont des artistes ou alors parce que le chanteur ne mérite pas qu’on le défende. Je ne comprends. Mais je crois que cette fois-ci, le chef de l’Etat doit parler.

Vous qui êtes presque la voix des sans voix. Qui disent les artistes eux-mêmes ?

La plus grande préoccupation de l’artiste aujourd’hui, c’est de vivre de son art. Regardez par exemple au Nigéria. Il n y a pas match entre un artiste dans ce pays et celui qui vit au Cameroun. Là-bas, les artistes roulent dans des limousines. Mais au Cameroun, les artistes vivent dans une misère incroyable. Ils sont des misérables à qui il manque même parfois 100Fcfa pour emprunter une moto-taxi. Pourtant leurs œuvres sont diffusées dans des radios, des télévisions. On verse l’argent à la Socam. Pourquoi cette société ne peut-elle pas remettre cet argent à qui de droit ?

Quelles sont vos relations avec la Cmc et son Pca ?

Je n’ai aucune relation particulière avec Sam Mbendè. Il est lui-même artiste comme tous les autres. Je suis administrateur à la Socam. Je suis membre de la Socam. S’il faut suivre les intérêts, ce sont ceux de la Socam.

Mais juridiquement, je respecte la décision de la Cour suprême qui a tranché en faveur de la Cmc. Je voudrais que les artistes des 10 régions du Cameroun puissent se retrouver pour soutenir les grandes actions que j’ai entreprises. Je parle du syndicat en gestation qui va veiller sur la santé des artistes et même s’investir sur la revendication des artistes.

© Nouvelle Expression : Alphonse Jènè

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