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REBELLION EN RD CONGO: KABILA EN SURSIS ?

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 11 Jul 2012 Publié dans la categorie: Afrique, R.D. Congo


L’histoire va-t-elle se répéter en République démocratique du Congo (RDC) ? On se souvient de l’avancée inexorable des troupes rebelles sous la houlette de Laurent Désiré Kabila qui avait contraint le Maréchal Mobutu à prendre la poudre d’escampette. C’était hier. Mais, ce qui se passe aujourd’hui pourrait être une répétition de l’histoire. Le Mouvement du 23-Mars (M23) avance sans rencontrer une résistance réelle des troupes gouvernementales.

Cette rébellion hostile au pouvoir en place à Kinshasa gagne facilement du terrain, les villes tombant entre leurs mains avec une facilité déconcertante. Autant dire qu’à l’allure où vont les choses, si les rebelles ne sont pas stoppés dans leur avancée et s’ils ne lèvent pas le pied de l’accélérateur, ils peuvent avoir assez rapidement Kinshasa en ligne de mire. Heureusement pour le régime que ces mutins, du moins officiellement, n’envisagent pas poursuivre leur offensive dans ce sens. Mais sait-on jamais ? On en est encore loin, mais un tel scénario avec les rebelles aux portes de Kinshasa n’est pas à négliger dans un pays où les régimes se font et se défont à la force de la baïonnette depuis les indépendances. Cette avancée fulgurante des rebelles laisse imaginer deux choses : ou bien les troupes gouvernementales sont dans l’incapacité de leur faire face ou bien elles ont décidé de ne pas le faire. Ces troupes, en plus d’être mal équipées, ont peut-être pris conscience que pour la survie d’un tel régime qui ne se soucie guère de l’amélioration de leurs conditions de vie, le sacrifice n’en vaut pas la peine. Si tel était le cas, le Général Kabila serait en sursis et pourrait, un jour ou l’autre, goûter au sort pas du tout enviable du Maréchal Mobutu.

Ce regain de tensions dans le pays, en plus des raisons internes, peut trouver une justification dans l’agenda international. La grand- messe de la Francophonie, prévue pour se tenir à Kinshasa est, selon toute évidence, un enjeu considérable. C’est une occasion de marketing politique. Kabila espère par là attirer des invités de marque et soigner son image écornée au sein des populations et aussi de la communauté internationale. Ses adversaires, conscients de cela, veulent profiter de ce moment pour faire entendre leur voix et gâcher autant que faire se peut la fête. Inutile d’ajouter que cette offensive n’est pas une bonne nouvelle pour le régime Kabila déjà en proie aux critiques des défenseurs de la démocratie et des droits de l’Homme. Face à la controverse que son choix soulève dans l’opinion internationale, la Francophonie se ferait certainement le devoir de retirer au pays de Kabila, l’organisation de son prochain sommet si le temps se gâtait. Et tant mieux pour elle si elle peut justifier officiellement un tel retrait par la grande insécurité dans laquelle est plongé le pays suite à cette offensive des mutins du colonel Sultani Makenga, soupçonnés de faire le jeu de Bosco Ntaganda recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes qu’il aurait commis en Ituri.

En vérité, ce qui arrive en RDC n’est pas vraiment étonnant. L’armée, à l’image du pays balkanisé, manque crûment d’unité. Le président Joseph Kabila qui a hérité du pouvoir suite à l’assassinat de son père, alors chef de l’Etat, n’a pas réussi à rassembler les différentes factions armées et à permettre à son pays de s’engager résolument sur la voie de la pacification. Certes, sa tâche n’était pas facile au départ au regard du fait qu’il a hérité d’un pays fragmenté et faisant l’objet de toutes les convoitises à cause de l’insolence de ses richesses naturelles. Mais, il n’a visiblement pas fait grand-chose pour ramener la cohésion et la concorde dans son pays.

Bien au contraire ! Dès le début de sa prise de fonction, il avait une carence de légitimité comme tous ces fils ou frères de présidents qui, du simple fait de leur lien de parenté, accèdent au fauteuil présidentiel par voie de succession comme s’il s’agissait de monarchies et ce, aux travers d’imposition ou de compromis politiques aux contours brumeux. Nul doute que ce genre de pouvoir servi sur un plateau d’argent et n’ayant par conséquent pas fait l’objet d’une préparation en bonne et due forme de son détenteur, aura du mal à s’exercer dans les règles de l’art. Le président Joseph Kabila n’a pas travaillé à pacifier son pays et à améliorer le sort des populations qui paient régulièrement un lourd tribut dans les combats entre les différentes factions rivales pour le contrôle des zones aux immenses ressources minières et forestières. Il n’a pas, à ce jour, su faire grand-chose pour améliorer la gouvernance du pays.

C’est un fait établi. La République démocratique du Congo de Joseph Kabila, à l’instar de celle de son père et d’ailleurs de celle de Mobutu, est divisée et n’est pas un exemple de démocratie. Ce ne sont pas les dernières élections en date qui réussiront à convaincre du contraire.

On a en effet, fraîchement en mémoire les conditions désastreuses dans lesquelles Kabila fils a acquis la prolongation de son bail au sommet de l’Etat. Une élection présidentielle dont la fiabilité a la blancheur du charbon de bois. Dans ces conditions, si par malheur pour lui, le M23 venait à lui faire boire la même coupe que Mobutu, il ne s’en trouverait pas grand monde pour pleurer son sort.

© Source : « Le Pays »

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