L’annonce a été faite en début de semaine, alors même que la quantité de pétrole vendu a connu une augmentation de 1,9%.
Hausse des ventes, baisse des recettes
Les ventes de pétrole au Cameroun ont augmenté de 1,9% pour le deuxième trimestre 2011, a indiqué lundi la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) citée par l’agence de presse Reuters. Ces ventes se fixeraient à5,36 millions de Barils de pétrole. Selon le directeur des explorations de cette entreprise, toujours citée par l’agence Reuters, cette augmentation des ventes est due en partie àl’accroissement de la production de Pérenco, la firme anglo-française, dont la production a connu une augmentation durant cette période pour se hisser à525 000 barils. L’opérateur Total EP reste le principal producteur, avec 3,4 million de barils, suivi de Pecten Cameroon, où la SNH possède des parts. Contrairement aux quantités vendues, les recettes elles, ont drastiquement baissé. Les ventes de pétroles ont généré seulement 92,47 milliards de FCFA seulement, contre 194,9 milliards de FCFA pour le premier trimestre. Aucune raison n’a été donnée àcette inadéquation. Habituellement, les officiels camerounais expliquent la modestie des recettes de pétrole au Cameroun par la décote de ses hydrocarbures cumulée parfois avec la baisse du Dollar américain, monnaie de référence de cette matière première. Le public possède très peu d’informations sur la règle des décotes. Mais pour ce qui est du Dollar américain, il se portait plutôt bien face àl’euro, au moment des ventes avec un dollar àprès de 455 FCFA.
Un risque de déficit budgétaire?
Le Cameroun en 1977 avait atteint le stade de producteur de pétrole avec des pics de production de 185 000 barils par jour, avant de baisser considérablement jusqu’à64 000 barils/jour en 2010. Les autorités sont confiantes pour les années àvenir et espèrent des augmentations de production d’ici 2012. Mais au début du mois d’août, le rapport d’exploration d’un groupe écossais aux larges des côtes camerounaises a été jugé insatisfaisant. Seulement l’équivalent de 2457 baril par jour de réserves prouvés avec des marges d’estimation de 30%. Au sein d’une opinion de plus en plus cultivée, on s’interroge sur la manière dont le pétrole camerounais est géré. Les seuls chiffres de production et de vente disponibles sont ceux produits par la SNH. On a rarement des bilans d’activité exacts des entreprises impliquées dans le processus d’exploration et d’exploitation de pétrole. En attendant, un risque de déséquilibre budgétaire se dessine àl’horizon pour le Cameroun. Avec la crise de la dette américaine et européenne, des experts craignent que la principale conséquence soit pour le Cameroun comme pour la plupart des pays de la zone FCFA, un risque souverain. Depuis peu, les dirigeants des pays européens s’accordent pour mener des politiques d’austérité dont les conséquences sur l’économie des pays de la zone FCA risquent d’être une baisse d’exportation de matières premières. La situation reste àsuivre.













