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Révélations: Que recherche Marafa Hamidou Yaya?


Ecrit Par le 4 May 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Société


Après seulement deux semaines de détention à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé où il est placé en détention préventive depuis le 16 avril dernier dans le cadre de l’affaire Albatros (achat foireux d’un avion du Président Paul Biya), Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général à la présidence de la République (SGPR) et ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), a déjà effectué deux grandes sorties médiatiques, en balançant à la presse, tour à tour, les fac-similés des petits mots que lui laissaient le juge d’instruction qui l’a écroué, Hubert Magnaguemabé, et la lettre personnelle chargée de révélations croustillantes qu’il vient d’adresser au chef de l’Etat.

Tout pour Paul Biya

Dans l’un et l’autre cas, l’ancien dignitaire du régime qui nous gouverne, qu’il a servi, dit-il, avec loyauté et sans calcul pendant 17 ans, veut visiblement gagner la bataille de l’opinion. On ne comprendrait pas autrement qu’il ait choisi de mettre sur la place publique ces petits secrets d’alcôve qu’il partageait avec son ex Mentor, le numéro 1 du pays. C’est vrai que Marafa explique qu’étant sorti du gouvernement à sa demande, si l’on suit sa logique le 9 décembre dernier, il n’est plus tenu par l’obligation de réserve et entend désormais jouir pleinement de sa liberté. Mais, dans le monde des politiques, on voit difficilement ce genre de déballage, surtout seulement après la rupture intervenue entre partisans ou alliés politiques. Très souvent, il faut même attendre les mémoires des anciens dignitaires, de dernière heure ou posthumes, pour en savoir un tout petit peu sur les petits secrets d’un pouvoir. Or là, Marafa passe immédiatement à la vitesse supérieure, révélant même comment il s’était souvent opposé en vain à la nomination de certains ministres…

Marafa Hamidou Yaya

Pas besoin d’être démiurge pour comprendre que l’homme a été touché dans son orgueil par sa récente mise en taule. Et le couvercle de la marmite qui bouillait de rage depuis quelque temps a fini par sauter. Où l’on apprend aujourd’hui que Marafa n’a jamais gobé le fait que le président Paul Biya ait choisi de s’adresser à lui, à un moment donné, via son directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou. Maintenant que le secret est dehors, il reste à en analyser les ressorts.

Cette sortie de l’ex SGPR aura-t-elle une incidence sur la procédure qui a été enclenchée contre lui? Peu sûr, en tout cas pas celle qu’il escompte peut-être, puisque même s’il pourrait s’attirer la sympathie d’une partie de l’opinion, on n’a jamais vu sous le Renouveau la rue dicter les orientations politico-judiciaires. Il a peut-être choisi de mourir (il semble se donner une posture kafkaïenne et se sent condamné d’avance) mais non sans parler. Ce n’est pas la presse camerounaise qui va s’en offusquer, elle qui reçoit constamment des fins de non recevoir quand elle approche les hommes de pouvoir, non pas pour recueillir les secrets d’Etat, mais simplement avoir quelques réactions ou explications sur les actes de la vie publique normale. Il serait donc souhaitable que nos dirigeants se confient plus souvent aux médias (responsables) quand ils sont encore entourés de la puissance publique.

L’équation personnelle de Marafa Hamidou Yaya durant toutes ces années passées au cœur du pouvoir laisse aussi songeur. En désaccord profond avec la façon de gouverner de son chef, il dit avoir plus d’une fois présenté gentiment sa démission, qui a toujours été refusée. Veut-il alors nous faire croire que, dans son for intérieur, il espérait qu’il parviendra un jour à changer de l’intérieur les choses dans le sens positif? Si c’est le cas, nous sommes surpris qu’il ait pu tomber dans ce leurre expérimenté par d’autres, et que la fierté qu’il affiche aujourd’hui ne se soit pas exprimée plus vigoureusement à l’époque pour qu’il prenne ses distances.

Il reste que les révélations de Marafa nous montrent que, au royaume du «Nnom Nguii», ce n’est pas seulement le règne du béni-oui-oui, comme l’opinion peut être encline à le croire; il y a de proches collaborateurs qui lui disent souvent la vérité en face, dans le sens de la quête de l’amélioration de la gouvernance. Force est donc de reconnaître l’inefficacité, absolue de ce système de gestion d’un pays dans les huis-clos permanent. Il manque en effet au Cameroun des instances de discussion et de concertation, en vue de la prise des décisions utiles pour le bien-être de la collectivité. Il n’y a ni conseil de ministres, ni réunions du bureau politique du parti régnant, ni véritable dialogue national. S’il y a un mérite au «déballage» actuel de Marafa Hamidou Yaya, c’est sans doute celui-là, au-delà des jérémiades sur son sort personnel, lui qui a cautionné en silence et même consolidé un système devenu depuis longtemps étouffant.

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