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Reverend pere Christophe Doriot, « l’honorable Jean-Bernard Ndongo Essomba, vandale de grand chemin »

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 8 Aug 2013 Publié dans la categorie: Actualités, Politique


Jean-Bernard-Ndongo-Essomba

Panique de voleur surpris la main dans le sac, ou fol orgueil d’une pauvre créature de Dieu gagnée à la cause du Diable ? L’Honorable Ndongo Essomba a fait, nuitamment comme un sorcier, détruire une plaque très officiellement installée par l’entreprise RAZEL sur la route nationale N° 4. Quelle peur, quel désespoir a bien pu lui inspirer la hardiesse d’un acte aussi insensé puisque, ce faisant, il contestait une décision de l’Etat, Dieu terrestre, défiant ainsi crânement l’autorité du chef de l’Etat ?
Le forfait, qui n’a peut-être pas son précédent dans le monde, tant il affiche le mépris hautain de son auteur vis-à-vis du Pouvoir qu’il juge dès lors rebelle à sa volonté, a eu lieu à Nkoltomo II, un village de l’arrondissement d’Obala, dans la nuit du 28 au 29 juillet 2013 : la joie des habitants de Nkoltomo II, qui avaient accueilli cette tâche anodine de l’entreprise RAZEL comme l’heureux aboutissement de leurs démarches auprès de l’Administration depuis une quinzaine d’années, n’a duré que quatre jours à peine ; dans cette euphorie éphémère, ils ont fait le serment de gratifier le RDPC, leur parti d’option, du pourcentage maximum à l’occasion des prochaines élections législatives, auxquelles l’ogre qui a juré sur Mammon de les dévorer à l’étouffé est le candidat le plus important dans la circonscription départementale.

Je ne suis qu’un pauvre prêtre itinérant, travaillant dans la localité depuis cinquante-quatre ans : « De quoi donc vous mêlez-vous, mon Père ? » me demandera-t-on : « Occupez-vous des âmes de vos ouailles ! » ajoutera-t-on, parce qu’un homme d’Eglise, pense-t-on, n’a pas à faire autre chose qu’à soigner les âmes pour les préparer à la vie éternelle. C’est justement de cette préparation spirituelle que je m’acquitte dans cette homélie où je dénonce le mauvais cours de la justice des hommes qui, par leur silence complice, manœuvrent en vue d’accorder la victoire à Goliath contre David. M’en coûta-t-il ce qu’a enduré Jésus-Christ, notre Seigneur, j’ai décidé de faire valoir la volonté de Dieu, qui dispose que le Bien et le Vrai doivent triompher du Mal et du Faux, et que le Bien rime avec la Victoire, comme le Mal avec la Défaite. Je dérogerais donc à ma mission pastorale, et j’en courrais les supplices de l’Enfer, si j’hésitais davantage à éclairer les âmes de quiconque de droit au sujet des conséquences que Dieu a prévues pour les cas où Ses créatures forceraient l’union des entités
incompatibles, comme le Tort avec la Victoire, la Raison avec la Défaite.

Mon âge, que vous vous jugerez au nombre des années que j’ai consacrées au service de Dieu, et surtout le caractère sacré de ma mission, me font obligation de prendre le parti de la justice, et de dire la vérité telle que me la donnent à voir les résultats de mon enquête sur les lieux. A ce titre, je commencerai par un préambule : on ne choisit pas de naître de telle famille plutôt que de telle autre, de Ntobo, village d’origine de l’Honorable Ndongo Essomba, plutôt que de Nkoltomo II dont Ndzomo-Molé, son principal protagoniste, est originaire ; tout cela s’accomplit toujours de par la volonté de Dieu.

Que les habitants de Nkoltomo II, administrés de l’arrondissement d’Obala, se jugent aujourd’hui troublés dans leur jouissance d’un don de Dieu par l’Honorable Ndongo Essomba qui pèse de toute son influence politique et de toute sa puissance pécuniaire pour faire ériger la partie routière de leur village où il s’est installé en village de l’arrondissement de Sa’a, je les comprends parfaitement, et je les approuve : ils ont droit à ma compassion quand ils crient à l’ingratitude et à la trahison en m’informant que le terrain de soixante-dix hectares, acquis par leur propre Député à l’Assemblée Nationale dans des conditions dont ils contestent aujourd’hui la légalité et la légitimité, ils l’avaient gracieusement offert à Simon Etaba Okala, leur premier chef de groupement ; je m’indigne avec eux lorsqu’ils m’apprennent que l’Honorable Ndongo Essomba, accueilli avec hospitalité par eux et résidant dans leur village, est néanmoins candidat pour la circonscription de Sa’a, exactement comme son filleul politique, Jean-Guidel Menounga, candidat au Conseil municipal de Sa’a ; je ne suis pas d’un avis contraire au leur en les entendant me déclarer, comme à un avocat digne de confiance, que l’un et l’autre candidats ont trompé l’Administration et les différentes Commissions de Supervisions à propos de la pièce relative au justificatif de possession d’une résidence dans le département ou l’arrondissement dont ils sollicitent les suffrages, « Nkolebaï », qu’ils ont signalé dans l’arrondissement de Sa’a, étant une fiction administrative créée de bric et de broc à des fins politiques mensongères ; prolongeant l’analyse de mes interlocuteurs, je me demande si ELECAM, instance statutairement indépendante qui a choisi la date du 1er mai 2013 pour faire distribuer les cartes d’électeurs à « Nkolebaï », prétendument village de Sa’a, c’est-à-dire en réalité à Nkoltomo II, est victime ou complice des manipulations frauduleuses de l’Honorable Ndongo Essomba ; leur sensibilité est la mienne quand ils s’interrogent sur la passivité de l’Administration qui ne prend apparemment aucune mesure contre l’activisme d’un certain Joseph Ewolo Menounga, usurpateur du titre de « chef de 3ème degré de Nkolebaï ».

En consultant diverses archives et en procédant à un sondage sur place, il m’est apparu que cette affaire a eu un tournant décisif en juin 2009 quand l’Honorable Ndongo Essomba, toujours nuitamment, a fait installer la plaque de Sa’a à côté de sa propre résidence, sur la rive droite de la rivière Ntso. La réaction des habitants de Nkoltomo II a été prompte : comme un seul homme, ils ont dit non à l’assaillant ; à l’unanimité, ils ont désigné un des leurs, Joseph Ndzomo-Molé, reconnu pour sa plume alerte et percutante, et pour sons respect de la légalité républicaine, comme le défenseur de la cause générale. En l’investissant de cette sainte mission, comme Don Diègue, souffleté par le comte de Gormas, remettant son épée à son fils Rodrigue pour venger l’honneur familial, ils pensaient en chrétiens : dans leur esprit, ils envoyaient David affronter Goliath ; l’analogie, chez Jean de la Fontaine, est à chercher dans la fable du Lion et du Moucheron.

Je ne suis pas né prêtre, autrement dit fonctionnaire de la prédication ; je le deviens toujours dans de telles situations ; je baptiserai donc à dessein les protagonistes de cette affaire, Ndzomo-Molé et Ndongo Essomba, par les surnoms respectifs de David et de Goliath. Et toute la charge polémique du conflit en question sera restituée en termes de rapport des forces.
Depuis 1999, à travers une activité épistolaire d’une rare intensité qui a atteint sa vitesse de croisière en juin 2009, David a alerté toutes les autorités compétentes : le Sous-Préfet d’Obala, le Préfet de la Lékié, le Gouverneur du Centre, le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Premier Ministre, le Président de l’Assemblée Nationale, la CONAC et le Président de la République Lui-même. Ces différentes requêtes ont-elles eu droit à l’attention de leurs destinataires ? Dieu seul le sait ; mon expérience me permet toutefois de présumer que le Président de la République, très sensible à tout conflit local Lui rappelant le douloureux souvenir de l’affaire de la péninsule de Bakassi heureusement gagnée de haute lutte par tous les moyens de droit, a dû donner des instructions réparatrices fermes, qui, sans doute, ont été comme d’habitude détournées en cours de route ; je soupçonne, à Dieu ne plaise, que des rapports. Lui sont par la suite parvenus « en bonne et due forme », faisant état d’une situation exactement contraire à la réalité sur le terrain. Derrière le silence de l’Administration, les habitants de Nkoltomo II pressentent les bras tentaculaires de Goliath.
En tout cas, si des mesures ont été prises par l’Administration, si des directives ont été prescrites par le Chef de l’Etat, elles n’ont pas été assorties d’effets concrets ; à moins de prendre pour un effet concret la plaque qui a été scellée à Nkoltomo II à une cinquantaine de kilomètres de Yaoundé, par l’entreprise RAZEL, aux fins d’indiquer le nom de la localité aux voyageurs de Bafia, Bafoussam, Bamenda habitués à acheter les mangues, les champignons, les termites et les vipères dans ce village.

J’ai traîné ma vieille soutane élimée et mes sandales usées sur les lieux : j’y ai vu de mes yeux, à travers les lentilles de mes lunettes de myope, les résultats de l’œuvre titanesque de Goliath, qui a tordu les fers de l’ouvrage nouvellement fixé dans le béton ; j’atteste, au nom de Dieu, que la plaque en a été démontée et emportée. Que je sois voué aux flammes si je mens : sur les lieux du crime, car c’en est un qui n’est pas plus parfait qu’aucun autre, il se dit sur place que la femme ou la compagne d’un certain Grégoire Bessala Nomo, dit « Bessala Ibong’o », c’est-à-dire « Bessala le Fornicateur », a ramassé la carte nationale d’identité d’un certain Ekani Ekani Emmanueli à qui elle l’a remise ; un soi-disant pasteur, grand Dieu ! du nom de Tsanga Tsala, beau-frère de M. Ndongo Essomba, aurait pris part à ce chantier avec son oncle. Ewolo Menounga, l’usurpateur dont il a été ci-dessus question, qui assume la destruction de la plaque, et qui en défend le caractère légitime ; je témoigne, une main sur la Bible et l’autre sur le cœur, qu’un des gardiens de l’Honorable Ndongo Essomba, un Extrême-nordiste prénommé François, a été licencié sans préavis ni autre forme de procès, pour avoir, en patriote, refusé d’obéir à son patron, qui leur avait ordonné la basse besogne que d’autres ont exécutée sous la conduite de M. Ewolo Menounga.

La patience du Peuple n’est pas infinie ; celle des pouvoirs publics non plus. Jusques à quand donc Goliath n’en fera-t-il qu’à sa tête et abusera-t-il de la patience du Peuple ? Pendant combien de temps sa fureur se jouera-t-elle de la vigilance de l’Administration et continuera-t-elle à intimider les administrateurs ? N’y a-t-il donc ni loi ni magistrat qui puissent borner son audace ? Cet homme, cet ennemi des Institutions républicaines qui ne craint ni Dieu ni César, siège à l’Assemblée Nationale depuis deux décennies ; il la connaît comme sa poche, il l’a vraisemblablement mise dans sa poche, et y siègera peut-être encore les cinq ans à venir ; il s’y est gîté, il s’y agrippe avec l’énergie de désespoir, non par amour du Peuple, mais par haine pour le Peuple, afin de bénéficier d’une immunité parlementaire qui le protège de toutes les poursuites auxquelles sa mégalomanie l’a exposé ; tout le monde voit, tout le monde sait qu’il sabote les œuvres de l’Etat, mais personne ne parle ! « Quo non ascendet ? In quem urbem vivimus ? » C’est-à-dire : « Jusqu’où ne montera-t-on pas ? Dans quelle cité vivons-nous ? ».

Mon Dieu, m’auras-Tu, pour la pénitence de mes fautes de pécheurs, assigné à servir Ta volonté dans le seul pays au monde où un Député du Peuple se moque du Peuple, où un éminent collaborateur du Chef de l’Etat n’a que mépris pour l’Etat ?

Je plaide pour David contre Goliath. Donnez la victoire au Méchant contre le Juste, et vous libérerez les puissances maléfiques ; cela revient à inaugurer le règne de la sécheresse et de la stérilité : quand il se met enfin à pleuvoir, c’est sous une forme diluvienne dont s’ensuivent des inondations qui font penser avec nostalgie à la sécheresse ; et quand les femmes se mettent enfin à accoucher, elles donnent naissance à des enfants frappés d’étranges anomalies, à des monstres en somme. Tel est le message de la Bible. Comprenez cela, mes frères, comme une allégorie.

« Ceterum, censeo Carthaginem esse delendam »,  et c’était le leitmotiv de Caton l’Ancien : « C’est pourquoi j’en?c’est-à-dire  conclus qu’il faut détruire Carthage.»

© Correspondance de : le Révérend Père Christophe-Simon Doriot

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