Le programme WASH a été lancé hier par le Premier ministre à Yaoundé.
L’accès à l’eau potable dans les pays en voie de développement est depuis longtemps l’enjeu d’un combat mené de nombreux Etats dont le Cameroun. Alors que de plusieurs foyers continuent d’être privés du précieux liquide, une autre problématique, souvent occultée, est soulevée. Celle des pratiques d’hygiène saines et de l’accès à l’assainissement qui sont les principaux vecteurs des maladies liées à l’eau. D’ailleurs, des chiffres de l’ONU font état de ce que le nombre de ceux qui n’ont pas accès à l’assainissement est presque deux fois plus élevé que ceux qui n’ont pas d’approvisionnement. L’assainissement a d’ailleurs été intégré aux Objectifs du millénaire pour le développement en 2002. Le problème a donc suffisamment pris d’ampleur pour que la question de l’assainissement trouve sa place dans l’agenda politique du Cameroun.
C’est ce qu’a confirmé le Premier ministre, chef du gouvernement, Ephraim Inoni, qui a procédé mardi 5 mai à l’hôtel Mont-Febé, au lancement des activités de l’initiative Water supply and sanitation (WASH). C’était en présence de nombreux membres du gouvernement, notamment Bernard Sindeu, ministre de l’Eau et de l’Energie, et des membres du corps diplomatique. Il faut signaler que le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance est partenaire du gouvernement camerounais dans ce programme, tout comme le Conseil de concertation sur l’eau et l’assainissement (WSSCC). Il s’agit « d’influencer les volontés politiques, celles des bailleurs de fonds et d’autres partenaires afin que le secteur eau, assainissement et hygiène soit pris en compte comme un des axes stratégiques majeurs dans la réduction de la pauvreté et dans l’atteinte des OMD », a expliqué Jon Lane, directeur exécutif de la WSSCC.
Ephraim Inoni s’est quant à lui engagé à « prioriser le secteur et à impliquer les différents acteurs concernés afin d’améliorer le cadre de vie des populations qui n’ont pas toujours accès à l’eau ». Des efforts sont d’ailleurs en cours dans ce sens puisque le gouvernement s’est fixé entre autres objectifs, dans son Document de stratégie de réduction de la pauvreté, de réhabiliter 6000 points d’eau et d’en créer 22000 nouveaux d’ici 2015. Concernant l’assainissement, le gouvernement envisage la construction, dans les communautés rurales, d’un million et demi de latrines entre 2008 et 2010. L’initiative WASH est animée au plan national par une plateforme composée des ministères de l’Eau et de l’Energie, de la Santé publique, de l’Education de base, de l’Environnement et de la Protection de la nature. Cette plateforme regroupe également les organisations du système des NU et des représentants des bailleurs de fonds, des partenaires financiers, des ONGs et des entreprises privées.
Josiane R. MATIA. Cameroun Tribune











