Louise Tchouabou, 25 ans, est morte d’anémie dans un centre de santé à Etoug-Ebe.
L’air absent, le Dr Ephraïm Nyongha ne semble pas encore réaliser ce qui lui arrive. « J’ai juste essayé de sauver une vie. Dans mon fort intérieur, j’ai bonne conscience. Seul Dieu pourra trancher », déclare-t-il. Hier, à la brigade de gendarmerie de Mvog-Betsi, le médecin n’avait de cesse de renvoyer ses nombreux coups de fil. Il a été interpellé lundi par les forces de l’ordre, suite à une plainte déposée par la famille de Louise Tchouabou. La jeune femme de 25 ans a rendu l’âme lundi aux environs de 8 h, des suites d’une anémie sévére, après un accouchement par césarienne. C’était au Centre de santé Helena, sis au carrefour Etoug-Ebe à Yaoundé. Le bébé, une fille en bonne santé, a été rendu à la famille, de même que la dépouille de la jeune Louise Tchouabou.
En réalité, tout a commencé dimanche après-midi. Le Dr Nyongha raconte : « La mère est arrivée dimanche à 13 h en compagnie d’une amie. J’ai constaté qu’elle avait déjà perdu les eaux et saignait abondamment. Il fallait agir urgemment ». Dans le carnet de santé de la mère, on peut lire une note signée du Dr Nyongha, proposant qu’elle se rende à l’hôpital de district de Biyem-Assi, pour y subir une césarienne. Mais, « elles ont refusé et j’étais obligé d’agir, face à l’urgence. Je leur ai donc demandé de me trouver 20.000 F pour que j’achète le nécessaire pour procéder à l’opération », explique le médecin. C’est finalement autour de 18 h qu’une voisine de Louise Tchouabou arrive et se propose d’aller chercher l’argent nécessaire à l’intervention. Selon le médecin, chirurgien de formation, 15 minutes seulement ont suffi pour pratiquer la césarienne et sauver la mère et sa fille. Mais l’état de la mère est resté préoccupant, d’où la nécessité d’une transfusion sanguine. « J’ai demandé à la famille de désigner quelqu’un d’entre eux pour donner du sang, mais ils n’arrivaient pas à se décider et la jeune accouchée a rendu l’âme lundi matin», regrette-t-il. Pourtant, d’après une amie de la défunte, le médecin les a abandonnés à la clinique en compagnie d’une infirmière qui refusait d’intervenir dans la nuit, alors que Louise Tchonabou était mourante. Selon elle, le décès est dû à de la négligence. En attendant les rapports d’autopsie, le médecin soignant est en garde à vue à la brigade de gendarmerie d’Etoug-Ebe, question d’assurer sa propre sécurité, face à la colère de la famille de la victime. Pour la même raison, le centre de santé reste clos.
Félicité BAHANE N., Cameroon Tribune












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