L’ancien Directeur Général de la Fédé de football dépeint au vitriol, dans un livre à charge, la maison qu’il a dirigée pendant six mois. Une entreprise qui l’expose à de sévères critiques.
Depuis son départ de la Direction Générale de la Fédération de Football du Cameroun en 2007, toutes sortes d’histoires se racontaient sur le journaliste sportif émérite, inventeur de la légendaire formule : « Quelle image ! ».D’aucuns racontaient qu’il se la coulait douce avec les 25 millions payés par la fédé au titre de la prime de séparation. D’autres susurraient qu’il avait désormais un dégoût pour tout ce qui avait trait au football au Cameroun.
C’était assurément mal connaître Jean Lambert Nnang, grande gueule devant l’éternel, un bagout à nulle autre pareille et un caractère éminemment teigneux. Ce sont là des traits de sa personnalité qu’il démontre à suffisance ces jours-ci en publiant un livre corrosif au titre évocateur, Desperate Football House : six mois dans l’enfer de la fécafoot, emprunté en partie à la série phare Desperate House Wife diffusée sur Canal Horizons, dans lequel il instruit le procès de la maison du football camerounais.
Pour son retour donc, dans ce procès qui ne manque pas de piquant, Jean Lambert Nnang ne fait pas dans la dentelle. Aucun de ses ex collaborateurs à la Fécafoot n’a de grâce à ses yeux. Cette maison, désespérante si on l’en croit, recèle des personnages pour la plupart curieux sinon simplement diaboliques.
Que de révélations fracassantes sur Iya Mohamed, David Mayebi, Jean René Atangana Mballa, Abdourahman et Mme Manguele. On retient simplement qu’il s’agit d’un univers faisandé où toutes les magouilles n’ont pour finalité que de faire gagner facilement aux uns et aux autres de l’argent. Par exemple, on y apprend que des sommes d’argent, du moins jusqu’au récent réaménagement ministériel, étaient régulièrement remises par la fédé au Ministère des Sports. Que le fichier informatisé des joueurs fait l’objet de tripatouillages de manière récurrente, que le paiement des fournisseurs ne s’interrompt jamais, sans pour autant qu’on ait des preuves que lesdits paiements sont justifiés, que Jean Réné Atangana Mballa et Antoine Depadoux Essomba Eyenga ont été au coeur de manœuvres fortement préjudiciables au football camerounais.
Sans doute, le mérite de Jean Lambert Nnang est d’avoir mis les pieds dans le plat pour dénoncer à visage découvert ceux qui ont été durant six mois ses plus proches collaborateurs et de manière plus globale les tares du football camerounais. Quelques uns auront beau dire, comme on l’entend déjà d’ailleurs, que rien de tout cela n’est nouveau, le fonctionnement peu orthodoxe de la fédé étant connu par tous, on rétorquera que jamais aucune accusation n’avait autant porté que celle de Nnang, tant ce dernier a l’avantage, outre celui d’être un spécialiste du football, d’avoir connu cette maison de l’intérieur. De plus, son courage est indiscutable. La loi de l’omerta semble bien installée dans ce milieu qu’il n’est pas toujours possible de le mettre à nu même lorsqu’on l’a quitté. Jean Lambert Nnang lui, franchi la barrière de cette réserve sans aucun embarras alors même qu’un accord l’invitant au silence sur les questions relatives à la fécafoot existe.
Cependant, la vraie difficulté à laquelle Jean Lambert Nnang doit faire face et qui brouille passablement son discours, c’est la nature de son tempérament. C’est connu, hautain, à la limite méprisant, l’ancien Directeur Général de la Fécafoot, qui n’a jamais manifesté la moindre sympathie pour ses confrères du temps où il était le boss à la fédé, s’est fait de solides inimitiés.
Aussi, son pamphlet contre la Fécafoot est il perçu dans ses milieux comme les récriminations d’un has been regrettant le temps où il régnait en maître incontesté, pensant fermement que plutôt que de tourner autour du soleil, la terre tournait autour de sa personne. Le reproche qui revient généralement consiste à dire que Jean Lambert Nnang aurait dû démissionner si sa vision des choses ne concordait pas avec celle de la fécafoot au lieu d’attendre d’être démissionné pour cracher tout son venin. L’intéressé s’en est expliqué sur le plateau de Thierry Ngongang sur Stv, en laissant entendre qu’il n’était pas question pour lui de démissionner. « Connaissant le mode de fonctionnement de la Fécafoot qui était entaché de beaucoup d’irrégularités et de tripatouillages, j’avais pour ambition de la restructurer. J’y ai par exemple instauré la culture de la facture pour mettre un terme aux dépenses sans justificatifs », a-t-il expliqué.
Des explications qui sont loin de rencontrer l’adhésion de nombreux acteurs du football camerounais peu disposés à pardonner à Jean Lambert Nnang ses nombreux impairs sur le plan des relations avec autrui.
Correspondance de : Guy Zogo











