A trois semaines du tournoi qualificatif Fiba Zone 4, l’ancien international camerounais et désormais encadreur ne comprend pas l’impréparation de notre équipe nationale de basket-ball féminin.
Samuel Nduku, le nouveau président de la Fédération camerounaise de Basket-ball vous a récemment chargé de préparer notre équipe nationale féminine de basket dans la perspective du tournoi Qualificatif Fiba Zone 4, qui lui même est qualificatif pour la Can et la Coupe du monde ensuite. Où en est-vous avec les filles ?
La nouvelle équipe dirigeante a effectivement fait appel à moi pour aider notre équipe nationale féminine à se qualifier pour la Coupe d’Afrique et les championnats du monde de 2010. La plupart des joueuses évoluant aux Etats-Unis et en Europe, j’ai donc contacté ces dernières pour leur présenter le projet de notre équipe et toutes sont déterminées à venir défendre les couleurs du Cameroun. Le tournoi qui devait commencer le 1er juin a été repoussé [au 20 juin 2009, ndlr) à cause du match qualificatif de notre équipe nationale de football à Yaoundé contre le Maroc. Ce qui nous pose quand même un problème sérieux dans la mesure où plusieurs joueuses majeures de notre équipe ne peuvent plus venir. Je continue de travailler sur la sélection des joueuses et je continue de préparer ces compétitions avec John Angouand qui travaille, lui, avec les filles qui évoluent sur place au Cameroun.
Lorsque vous dites que vous travaillez actuellement, cela renvoie à quoi exactement? Avez-vous déjà un effectif ?
Les autres entraîneurs de l'équipe et moi avons travaillé sur l'effectif et sur le programme qui doit être mis sur pied. Malheureusement, je ne peux pas entraîner les joueuses qui sont aux Etats-Unis en du manque de moyens. Donc on attend que la fédération décide de la date de départ des filles pour le Cameroun. Nous espérons avoir cinq jours d'entraînement avec les douze joueuses qui devront participer à la compétition.
Franchement, ce n'est pas comme ça qu'on gagne une coupe d’Afrique. Mais je suppose que c'est devenu une habitude. On sera obligé de faire avec, ou sans si vous voulez. A son niveau, le président de la fédération se bat pour que les choses aillent pour le mieux possible mais je crois qu'il y a des paramètres qu'il ne contrôle pas malheureusement. A cause de ce changement de dernière minute par exemple, on a dû revoir l'effectif des joueuses qui devront partir des Etats-Unis et cela va aussi affecter les joueuses locales. La sélection des joueuses se fait en fonction des postes, du niveau technique et physique.
le Président de la fédération qui est très engagé dans ce projet fait de son mieux mais vous savez bien que rien ne peut être fait si les moyens ne lui sont pas accordés pour la préparation de cette équipe.
Pensez-vous qu’avec ce que vous n’osez pas appelez impréparation, vous ayez encore une seule chance de vous qualifier contre les redoutables congolaises par exemple ?
Il est important qu'on arrête définitivement de toujours se retrouver dans des situations comme celles-ci. Je crois qu'on sait des mois à l'avance que ces compétitions internationales auront lieu. Si nous pensons que la victoire est plus importante que la simple figuration, nous devons nous organiser à l'avance et nous préparer en conséquence. Ce groupe de filles est un groupe exceptionnel. Je ne me rappelle pas avoir vu des filles aussi déterminées à défendre les couleurs de leur pays que les joueuses qu'on a en ce moment. En tant que patriotes, responsables et amoureux de basket et de sports, c'est notre responsabilité de leur permettre d'aller le faire dans les meilleures conditions possibles. Il est temps qu'on accorde des chances à ces sports-là parce que même la plus haute autorité de notre pays aimerait bien voir ces sports dominer sur le plan continental. Nous allons donner une chance aux Congolaises parce qu'on n'est pas préparé. Dans les conditions normales, nous pouvons les dominer sur tous les compartiments du jeu.
Le Cameroon a raté plusieurs opportunités de gagner en basket et dans d'autres sports par le passé à cause de cette impréparation. Il faut bien qu'on commence à changer d’habitude. Ce n’est pas une fatalité. Je suis ravi de savoir qu’à son niveau le nouveau président fait de son mieux pour nous donner les moyens qu’il a, bien que ceux-ci soient très limités.
Pourquoi la Fédé ne fait-elle pas appel au ministère des Sports qui rappelle souvent, à la suite du président de la République qu'il n'y a pas de sport mineur au Cameroun?
Je ne sais pas à quel niveau se situe le dialogue entre le président de la fédération et le ministre des Sports depuis le début de ce projet de Qualifications Zone 4 Coupe d'Afrique des Nations / Championnat du monde. Mais une chose est certaine : la victoire de notre équipe nationale à cette Can fera plaisir aux Camerounais et à leur président qui est le premier sportif de notre pays. Souvenez-vous comme tout le peuple exultait lorsque nos seniors faisaient des exploits en Angola alors qu’ils n’avaient pas bénéficié d’aide à la mesure de leur talent. Je crois qu'il est important que ces compétitions soient prises avec un peu plus de sérieux même si notre pays essaye de se qualifier pour la Coupe de monde de football et la prochaine Can de foot. Je vous promet que le Chef de l'Etat serait extrêmement ravis de savoir que ses équipes de football, basket-ball, volley-ball ou de Handball sont championnes d’Afrique la même année. Il sait bien pourquoi il avait dit qu'il n'y avait pas de sport mineur au Cameroun et attend autant de victoires possibles dans les sports pratiqués par ses compatriotes. L'organisation de la célébration de la médaille d'Or de Françoise Mbango à travers le Cameroun montre bien qu'il attend des victoires. C'est à nous de travailler en équipe pour lui offrir ces victoires-là . A moins que pour certains, ce ne soit pas important.
Vous parliez tantôt de nos joueuses. Combien sont-elles en Europe et en Amérique que vous connaissez, bien entendu ? Où évoluent-elles et comment les situez-vous par rapport aux Angolaises, Congolaises ou Sénégalaises par exemple ?
Le Cameroon a un nombre considérable de joueuses qui évoluent à l'étranger. Il y a un groupe de joueuses qui sont dans des championnats européens comme Agathe Nimjem Malonga ou Alvine Mendeng. Nous avons aussi une forte délégation de joueuses qui évoluent en championnat universitaire aux Etats-Unis. Parmi celles-la, je peux citer Amina Njonkou (université de l'Arizona), Ramses Lonlack (université de Memphis) Nadège Muna (Western Kentucky), Béatrice Bofia (université de l'Arizona), Alice Jamen (Ohio State University), Michèle Message (Mississipi Valey State), Carole Bapoo (Houston Baptist University), etc. il y en a plein. Avec de très bons niveaux.
Lorsqu'on vous entend parler, on sent que le spectre de la dernière épopée des seniors en Angola plane toujours. Peut-être espère-t-on au ministère des Sports que vous allez faire circuler la cagnotte comme d’habitude...
La dernière campagne des seniors n'est pas la seule expérience en lisse. On peut citer les juniors à Dakar en 2005, les dames à Dakar en 2007, etc. Ils sont tous passés à côtes de ces compétitions parce qu'ils n'étaient pas préparés. C'est vrai que cette dernière expérience des seniors en Angola reste gravée dans ma mémoire et me fait mal comme à beaucoup d'amoureux de basket. Ce qui s'est passé à Luanda était inacceptable surtout lorsqu’on s’imagine l'équipe que le Cameroun avait et l'expérience de l'entraîneur Lazare Adingono. Même si les amoureux de basket décident d'aider ces équipes, il y a que notre ministère des Sports a toujours un rôle important à jouer dans le processus de sélection des joueurs et joueuses, de la préparation et de la participation des équipes.
Les compétitions se préparent à l'avance et de nos jours les expéditions aventurières ne sont plus d'actualité parce que tout le monde veut gagner et tout le monde met le paquet pour ça. Donc le rôle du ministre reste d'une importance capitale dans le succès des équipes nationales, même si celles-ci peuvent faire appel à des personnes en dehors de cette institution pour aider ou contribuer d'une manière ou d'une autre.
Les vacances commencent bientôt. Où en êtes-vous avec votre projet de formation des jeunes au Cameroun ?
Le programme mis en place par la Fondation Kossengwe [dont il est le fondateur et le président, ndlr] est effectivement un programme de formation des jeunes par le sport. Le programme a grandi depuis ses débuts en 2004 et début même une internationalisation impressionnante dans la mesure où cette année, on invite des jeunes de huit pays africains (Angola, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Nigeria, RDC et Tchad) ainsi que des élèves et étudiants américains à participer. Le camp/tournoi de cette année portera le nom « 2009 Box It Out Challenge » et durera six jours.
Durant cette période, les jeunes seront appelés à développer leurs qualités de basketteurs sur le terrain avec l’aide d’experts venus des Etats-Unis et d’Europe. Les après-midi, ces jeunes joueront pour leurs équipes respectives à l’occasion d’un tournoi international et les soirs ils participeront aux causeries éducatives organisées par la fondation et qui couvriront des thèmes comme le Vih/sida, l’environnement, la démocratie et le leadership.
La dernière partie du programme de cette année portera sur la reconstruction d’un orphelinat à Yaoundé par les jeunes et des volontaires venus des Etats-Unis. La Fondation FACT a un orphelinat qui héberge soixante-quatre orphelins dans un site qui est supposé en abriter trente. Nous voulons essayer d’améliorer les conditions de vie de ces enfants et leur apporter un peu d’espoir et des opportunités sur le plan scolaire. Le Kossengwe ne se limite pas seulement sur le terrain de basket.
T.G.G. Le Jour











