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Start-up de la semaine : Mivasocial, un réseau social pensé pour les Africains


Ecrit Par le 8 Sep 2016 Publié dans la categorie: A La Une, Afrique, Technologie, Togo


Sur la galerie à selfies de Mivasocial, au "like" de Facebook on préfère les "afroloves".

Sur la galerie à selfies de Mivasocial, au “like” de Facebook on préfère les “afroloves”.

La start-up fondée par les Togolais Jean-Marc Kouevidjin et Nasser Falana rêve d’interconnecter les populations africaines pour contribuer au développement du continent. La plateforme revendique 250 000 comptes enregistrés en trois ans. Ses promoteurs espèrent mobiliser des investissements de l’ordre de 1 million à 10 millions de dollars afin d’accélérer la croissance de Mivasocial.

Jean-Marc Kouevidjin et Nasser Falana sont des Togolais installés aux États-Unis depuis près d’une décennie. Mais ils passent désormais plus de temps en Afrique (au Togo et au Bénin) qu’au pays de l’oncle Sam.

Tout commence en 2013 avec un constat : bien qu’il y ait des réseaux sociaux utilisés sur le continent par des millions d’Africains, aucun n’est ancré dans le quotidien des habitants, estiment les deux entrepreneurs togolais.

De la page à « selfies » à l’e-commerce

Les deux associés décident de concevoir une plateforme dont la vocation première est de « faire gagner le continent ». Les deux fondateurs s’autofinancent et investissent près de 20 000 dollars dans la réussite de leur projet. Togosocial voit le jour en mai 2013, suivent des déclinaisons au Bénin, en Côte d’Ivoire ou au Kenya, qui sont toutes intégrées à Mivasocial.com en 2015 avec une ambition panafricaine.

Cette plateforme sociale qui revendique aujourd’hui près de 250 000 utilisateurs – principalement au sein de la diaspora africaine en Europe et en Amérique du Nord – veut valoriser le continent à travers la mise en avant de ses différentes cultures, de l’art, de la technologie et du potentiel commercial africain. Un objectif encore très général qui se concrétise de façon un pue confuse à l’ouverture de Mivasocial.com.

Des applications très variées s’y côtoient : des actualités africaines, des blogs, une galerie de « selfies » ou encore une page d’achat et vente de biens de consommation.

Une foison d’utilisations totalement assumée par les fondateurs, qui entendent positionner leur « Facebook 100 % africain » dans le commerce, l’art, le journalisme, le financement participatif, l’éducation, la messagerie instantanée, la télévision, la radio en ligne et les solutions d’hébergement de sites.

“Toutes les applications gravitent autour du réseau social qui constitue la valeur humaine de la plateforme. Plus le réseau grandit, plus les autres applications grandissent avec. Le réseau est donc l’application la plus utilisée par les membres Mivasocial”, expliquent les fondateurs. Viennent ensuite le chat, Mivachat, la Miva TV pour les vidéos, puis le commerce en ligne.

Une dizaine d’employés et volontaires aux États-Unis, au Togo et au Bénin

De là à perdre les usagers ? Non, répond Jean-Marc Kouevidjin, ingénieur de réseau et spécialiste des télécommunications. Son ambition est d’offrir une identité propre aux passionnés des réseaux sociaux sur le continent, et ce en brisant les frontières. « Nous voulons voir un marchand au Nigeria vendre à un Kényan de Nairobi par un canal proprement africain », indique l’entrepreneur.

Les fondateurs tablent aussi sur les synergies et les rebonds d’une application à l’autre. « En regroupant les cibles sur une plateforme, cela devient plus facile de coordonner des actions sociales, de leur présenter des produits, de promouvoir des services, de faciliter le commerce en ligne, l’interaction sociale et la valorisation des efforts des africains », expliquent les promoteurs de Mivasocial.

L’entreprise a aujourd’hui ses bureaux aux États-Unis, au Togo et au Bénin et emploie une dizaine de personnes, qui pour l’heure interviennent sur la base du volontariat. Les charges, de l’ordre de 14 000 dollars par mois environ (serveurs, infrastructure, développement…), sont couvertes par le chiffre d’affaires qui jusqu’à présent a fluctué entre 16 000 et 25 000 dollars par mois.

Le but premier pour Mivasocial est de parvenir à se développer selon ses prévisions, dans chaque marché national puis en tant que moteur de promotion de l’Afrique aux yeux de la diaspora africaine.

Mivasocial joue des coudes face aux géants internationaux

Pour ce faire, la plateforme veut se singulariser sur un marché africain et jouer des coudes avec les géants mondialisés (Facebook, Instagram, Twitter, WhatsApp, Skype…) mais aussi les e-commerçants plus africains tels Jumia et Konga.

Une ambition qui semble sous doute démesurée dans un premier temps, mais selon les promoteurs de cette plateforme, sa conception technique permet d’augmenter considérablement le nombre d’usagers sans risque de crash.

« Mivasocial est conçu à la base pour être extensible et capable de supporter plusieurs millions d’utilisateurs dans sa configuration actuelle », disent les deux fondateurs.

A fortiori, Mivasocial n’entend pas tout faire seul. Des partenaires pourraient par exemple y brancher d’autres solutions.

Une levée de fonds en discussion

La prochaine étape consiste à rechercher des financements externes pour faire connaître leur produit sur le continent. Leur objectif rêvé d’ici 2020 est d’atteindre plus de 10 millions d’utilisateurs à travers le monde. Pour y arriver, un financement de 1 à 3 millions de dollars devra être levé avant fin 2017 ou au plus tard en 2018. Puis un autre tour de financement de 5 à 10 millions de dollars sera nécessaire en 2019. Des discussions sont en cours avec deux investisseurs potentiels, insistent les promoteurs de Mivasocial, qui ne souhaitent pas pour l’instant dévoiler leur identité.

Les ressources mobilisées financeront dans un premier temps une campagne poussée de marketing. Mivasocial ayant atteint son volume d’usagers actuels par le seul bouche-à-oreille, une action publicitaire au Nigeria, en Côte d’ivoire, au Kenya ou en Afrique du Sud pourrait booster son audience. Le reste des fonds levés irait à l’ouverture d’autres bureaux dans plusieurs pays africains stratégiques.

Edmond D’Almeida

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