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Suisse- Cameroun: Une plainte contre l’Etat du Cameroun à Genève

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 30 Jan 2009 Publié dans la categorie: Actualités, Cooperation Internationale, Economie, Politique, Société


plainte” J’ai l’honneur de vous faire connaître que notre Mission permanente à Genève a reçu une communication/plainte de la Rapporteuse spéciale de l’Onu sur le logement convenable, adressée au gouvernement camerounais, suite aux ” expulsions ” survenues récemment au quartier Ntaba à Yaoundé (…). En vous faisant tenir ci-joint copie de ladite communication, je vous saurais gré des dispositions qu’il vous plairait de prendre en vue d’établir la réalité des allégations qui y sont contenues, et de me communiquer les éléments d’information y relatifs en vue de la préparation de la réponse du Cameroun…

” Ainsi signifiait, le 03 novembre 2008, le ministre des Relations extérieures, à monsieur le Délégué du gouvernement, auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, les termes de la plainte de l’Onu, initiée par sa Rapporteuse spéciale sur le logement convenable. L’institution planétaire s’inquiétait des conditions inhumaines et déshonorantes dans lesquelles avaient été expulsés les habitants du quartier Ntaba, à Yaoundé, le 29 juillet 2008 et qui avaient laissé dans la rue plus de 5 000 personnes, dont un grand nombre d’enfants, perturbant par le même coup leur scolarisation.

Et les droits de l’Homme dans tout ça ?

Plus spécifiquement, l’Onu voulait s’assurer du respect, par la Communauté urbaine de Yaoundé, de certains préalables relatifs aux droits de l’homme et à la considération humaine. Notamment une étude d’impact, l’existence des projets alternatifs, les consultations menées avec les résidents du quartier Ntaba, avant les expulsions, les moyens de recours reconnus aux habitants déguerpis et notamment les plus démunis, les mesures de relogement, les compensations prévues pour les expulsions et les pertes subies par les habitants ; de même que les mesures prises pour protéger les enfants, dont des jeunes élèves, des conséquences de ces expulsions.

Exaspération

La réponse du Cameroun était attendue aux Nations Unies le 15 novembre 2008. Plusieurs réunions de concertation ont été organisées dans la salle de conférence du Minrex, à l’effet de bâtir sa défense. Mais selon des indiscrétions, qui ont filtré de ces conclaves, les arguments de défense du Cameroun se sont contentés des explications fournies par le représentant du Délégué du gouvernement à ces réunions. Rien d’explicite, à l’instar des procès-verbaux des consultations des résidents, les notifications des expulsions, des mesures sociales de relogement ou encore les Pv de dédommagements, qu’exige l’Onu, n’a été apporté à l’appui de cet argumentaire. Sur la prise en charge sociale des expulsés par exemple, le Délégué du gouvernement s’était déjà empressé d’appeler les départements ministériels compétents de prendre leur part de responsabilité, bien avant la requête onusienne.

L’affaire suit son cours. Dans l’attente d’un verdict, on le redoute, qui prononcera la condamnation du Cameroun comme pays peu respectueux des consignes onusiennes. Une condamnation qui viendrait corser l’image peu reluisante du Cameroun à l’extérieur, égratignée durant la même période par l’enlèvement, à Yaoundé, de l’opposant équato-guinéen, Nguema Mba Mitoho, pourtant couvert par le statut de réfugié politique.

Le Cameroun n’avait pas fini de digérer son embarras que la dernière sortie médiatique du Délégué du gouvernement est venue exaspérer les pouvoirs publics. Dans un entretien avec un journal de la place, il y a quelques jours, Gilbert Tsimi Evouna annonçait la reprise, dès ce début d’année 2009, des opérations de démolition et de déguerpissement des populations mal logées. Une déclaration va-t-en guerre qui ignorait les multiples rappels à l’ordre à lui adressés, tant par les grands conseillers que par le pouvoir politique.

Selon des indiscrétions proches de l’Hôtel de ville de Yaoundé, une lettre, venue de la Présidence de la République et interdisant toute opération de démolition ” sans autorisation “, a été servie au Délégué du gouvernement, le 21 janvier dernier. Que va faire Tsimi Evouna, lui qui ne recule devant rien ? Question de conscience qui dénote de l’imposture dans laquelle se trouve monsieur le Délégué.

NB: Certains intertitres sont de la rédaction de Camer.be

L’Anecdote : Par Nestor Djiatou