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Texas: Un “enfant de sept ans” sera exécuté demain soir par injection létale

Ecrit Par le 7 Aug 2012
Publié dans la categorie: Insolites

Marvin Wilson, accusé de meurtre sur la base du témoignage de l’épouse de son complice et dont l’âge mental est évalué à celui d’un enfant de 7 ans, sera exécuté demain soir à la prison de Huntsville. Une exécution qui soulève malaise et indignation aux Etats-Unis car elle outrepasse la décision de la Cour suprême.

En 2002, la Cour suprême des Etats-Unis rendait un avis dans l’affaire Atkins vs. Virginia, estimant par 6 voix contre 3 que l’exécution d’un individu reconnu comme retardé mentalement viole le huitième Amendement de la Constitution américaine qui proscrit les sentences « inhabituelles et cruelles ». Néanmoins, le prisonnier Marvin Wilson, 54 ans, devrait recevoir une injection létale demain soir à la prison de Huntsville, au Texas.
En 1992, Marvin Wilson était arrêté et inculpé pour le meurtre de Jerry Williams, un vendeur de drogue informateur de la police. Quatre jours auparavant, Williams avait permis aux autorités d’interpeller Marvin Wilson pour possession de cocaïne. Des témoins ont déclaré avoir vu Marvin Wilson et un autre homme, Terry Lewis, enlever Jerry Williams à une station essence. Le jour suivant, le corps de Jerry Williams était retrouvé le corps criblé de balles près d’une raffinerie de pétrole.
Marvin Wilson et Terry Lewis ont été jugés. Terry Lewis à été condamné à perpétuité avec possibilité de libération anticipée. Marvin Wilson a été condamné à mort. L’élement décisif de cette condamnation a été le témoignage de la femme de Terry lewis, qui a affirmé devant la cour que Marvin Wilson lui avait avoué avoir été celui qui avait appuyé sur la gachette.
La condamnation à mort de Marvin WIlson n’a jamais cessé d’être sujette à controverse. Marvin Wilson souffre en effet d’un retard mental avéré. Il a grandi dans une zone extrêmement pauvre située à l’est du Texas et a manifesté très tôt des signes de difficultés pour accomplir des tâches élémentaires. Marvin Wilson était incapable de lacer ses chaussures, de compter son argent ou d’utiliser une tondeuse à gazon. Qualifié de “nul” et de “rétardé” à l’école, il n’avait que des résultats médiocres. Devenu adulte, il s’est marié et a eu un enfant, Lorsque son fils est né, Marvin Wilson continuait toujous à sucer son pouce. En 2004, un examen psychologique a indiqué que le quotient intellectuel de Wilson est de 61. Au Texas, le seuil de retard mental se situe à 70 et à 75 dans d’autres Etats.
Dans l’édition du Huffington Post de vendredi, le professeur Paul Campos, de l’Ecole de Droit de l’Université du Colorada estime :

« Nous sommes en présence d’un enfant, mentalement ». Selon lui, les circonstances de la condamnation de Wilson laissent beaucoup de place au doute quant à sa culpabilité exacte dans le crime. L’absence de facteurs aggravants – un assassinat particulièrement odieux ou un traitement cruel – et le fait que l’affaire n’a pas impliqué de multiples victimes, un officier de police ou enfant, constituent des éléments en faveur d’une certaine clémence étant donné les déficits mentaux de Wilson.

«Évidemment, tous les meurtres sont graves, mais nous parlons d’un meurtre lié à l’abus de drogues et dans des circonstances ambiguës,” at-il dit. “Ceci est juste un homicide très ordinaire, avec clairement un accusé handicapé mental.”
Le journaliste Ed Pilginkton, du quotidien The Guardian, estime sur le site Raw Story qu’« au lieu d’une approche clinique ou scientifique, basée sur des tests largement reconnus énoncés par l’Association américaine sur la déficience intellectuelle et le développement, le Texas a décidé de suivre sa propre voie. » Lee Kovarsky, l’avocat de Marvin WIlson, dépose ce lundi une requête de la dernière chance auprès de la Cour suprême afin d’obtenir la possibilité de contester les critères sur lesquels se fonde l’Etat du Texas pour appliquer sa propre évaluation de l’état mental du condamné.
Vendredi, le New York Times soulignait :
« La Cour a constaté un consensus national contre l’exécution le retardé. Mais elle a dit que les Etats doivent appliquer des normes professionnelles dans l’identification des personnes avec un retard parce que « tous les gens qui prétendent être retardés mentaux ne tombent pas dans la catégorie des délinquants handicapés mentaux au sujet desquels il existe un consensus national.»

Le quotidien souligne surtout:

« Le Texas n’a jamais contesté l’allégation selon laquelle Marvin Wilson souffre d’arriération mentale. L’Etat a tout simplement refusé de l’accepter comme suffisamment retardé pour être exempté de l’exécution. »
Pilginkton argumente:

« Wilson a été soumis à une série de tests afin de déterminer ses capacités intellectuelles, en utilisant des procédures cliniques internationalement reconnues. Les tests ont été effectués par le Dr Donald Trahan, un neuropsychologue qui a évalué plus de 500 patients ayant des difficultés d’apprentissage. Trahan a personnellement administré à Wilson de la TONI-II, les Raven Progressive Matrices, le Peabody Individual Achievement Test révisé, a réalisé le Wide Range Test-3, la batterie d’évaluation linguistique, l’évaluation d’orientation, le Verbal Selective Reminding test, le sous-test de reproduction visuelle et l’évaluation sensorielle à distance. » « En outre, indique le journaliste, Trahan a interviewé Wilson pendant huit heures et analysé ses dossiers scolaires passés qui ont montré qu’il avait un niveau de lecture et d’écriture d’un enfant de sept ans. »

Mais, comme l’écrit le Daily Mail, « le Texas a constaté que, malgré son niveau de QI bas, il n’est pas mentalement assez lent afin de se qualifier pour la décision de la Cour suprême qui lui sauverait la vie. »

Il est peu probable que Rick Perry, le gouverneur du Texas, acceptera de surseoir provisoirement à l’exécution de Marvin Wilson. En 2001, Perry avait en effet opposé son veto à un projet de loi qui avait passé les deux chambres de la législature de l’État, avec un soutien bipartisan, interdisant l’exécution des arriérés mentaux. Perry a par ailleurs nommé tous les membres du conseil d’administration du Service des grâces et des libérations conditionnelles du Texas, lequel n’a presque jamais accordé un sursis à un condamné sous son administration.

Vendredi après-midi, Rodney Ellis, un sénateur du Texas qui a rédigé le projet de loi de 2001 auquel Perry avait opposé son veto, a publié une déclaration dénonçant l’exécution prévue de Wilson:
« Nous n’avons pas à exécuter des enfants dans l’État du Texas, par conséquent, nous ne devrions pas exécuter ceux qui ont la capacité mentale d’un enfant » a dit Ellis. « La sanction ultime devrait être réservée à ceux qui peuvent comprendre clairement pourquoi ils vont mourir. »

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