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Tunisie : ce que pense la classe politique du projet de gouvernement d’union nationale

Jeune Afrique

Ecrit Par le 7 Jun 2016 Publié dans la categorie: A La Une, Afrique, Tunisie


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Le Premier ministre Habib Essid et le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 23 janvier à Tunis.

Le Premier ministre Habib Essid et le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 23 janvier à Tunis.


Au démarrage du mois de Ramadan et de la saison estivale, période où la Tunisie décélère habituellement, le président de la République, Béji Caïd Essebsi relance le jeu politique et appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Une annonce qui fait réagir la classe politique du pays.

Sur fond de crise profonde avec des indicateurs économiques au rouge et un dinar en forte dévaluation, Béji Caïd Essebsi tacle le gouvernement actuel pour son absence de résultats et propose la formation d’un gouvernement d’union nationale pour sauver le pays. En ce sens, il approuve sans le dire l’état d’urgence économique auquel les patrons appellent depuis près d’une année. L’idée de Béji Caïd Essebsi est que partis mais aussi centrales syndicale et patronale participent à cet exécutif de la dernière chance sans toutefois donner de contours et de perspectives à son projet. L’initiative prend tout le monde de court et tous ne l’approuvent pas.

L’UGTT
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a lancé le Dialogue national en 2013 mais qui tient la dragée haute au gouvernement en multipliant les revendications sociales, refuse toute charge ministérielle. « Le changement est inéluctable ; nous participerons au débat mais pas au gouvernement », déclare Sami Tahri, porte-parole du syndicat qui réfute une responsabilité de la centrale dans la dégradation du pays. Tandis que le patronat se dit prêt à aider une nouvelle formation gouvernementale.

Ennahdha
Première formation à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Ennahdha, membre de l’actuelle coalition gouvernementale devrait avoir son mot à dire. Rached Ghannouchi, président du parti, choisit de se défausser sur le gouvernement actuel et estime que l’échec de son mouvement au sein de cet exécutif ne peut être que proportionnel à sa participation. Il rappelle ses nombreux appels à un gouvernement d’Union nationale en 2014 et applaudit l’idée d’une union orientée vers un exécutif participatif qui opérerait un rééquilibrage politique. Il se retranche derrière la position de Nidaa Tounes, partenaire de l’actuelle coalition gouvernementale, quant au maintien de Habib Essid aux commandes du gouvernement.

Les autres formations politiques
Les formations politiques de moindre envergure sont divisées. Le Mouvement du projet de la Tunisie, composé de dissidents de Nidaa Tounes, annonce la couleur : il ne prendra pas part à la formation d’un gouvernement où figurerait Ennahdha. Tandis qu’Ahmed Nejib Chebbi, président du haut comité politique du Parti républicain (Al-Joumhouri) estime que « le pays a besoin d’un vrai capitaine à la Kasbah. Le pays ne peut davantage souffrir des gouvernements où l’appartenance partisane prime sur la compétence, et où le nombre des portefeuilles ministériels se compte à l’aune des ambitions personnelles et partisanes ».

Beaucoup se rangent de son avis mais l’opposition est trop insignifiante pour impacter les décisions sur la constitution de ce gouvernement ; n’empêche Hamma Hammami, porte-parole du Front Populaire est sur les rangs et affirme que « la Tunisie ne peut sortir de sa crise qu’à la faveur de nouveaux choix et programmes nationaux, démocratiques et sociaux ».

Une situation complexe où les discussions et les négociations ne font que commencer tandis que Habib Essid est souvent en ligne de mire. Dans tous les cas, avec plusieurs coups d’avance, Béji Caïd Essebsi mène le jeu sans dévoiler ses cartes. Répond-il uniquement à une urgence pour le pays ? Cherche-t- il à responsabiliser les partis ? Est-ce une manière d’impliquer Ennahda au vu de sa position à l’ARP ? « Seul Béji sait ce que veut Essebsi », souligne sur Mosaïque FM, l’éditorialiste Zyed Krichen.

Frida Dahmani

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