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Une vague de froid s’abat sur Yaoundé

Ecrit Par le 14 Jul 2011
Publié dans la categorie: Actualités, Société

Les climatologues n’y voient pas une manifestation du dérèglement climatique, tandis que les populations en subissent le contrecoup.

Quand le ciel de Yaoundé grelotte, ce sont ses populations qui se grippent. La situation perdure depuis un mois environ, moment où les premiers signes de fraîcheur ont été enregistrés. Ciel en permanence gris et couvert, températures frôlant les 26°c le jour et 19°c la nuit, courants d’air, pluies intempestives : tous les ingrédients d’un climat capricieux qui ne laisse pas les populations indifférentes.

« L’eau du robinet est tellement glaciale le matin que les enfants et moi-même avons changé nos habitudes de bain. Nous nous lavons maintenant à midi, et à l’eau chaude, quand le temps est plus clément. Pour le bébé de 6 mois, je me contente de le nettoyer avec un gant de toilette bien chaud et très rapidement d’ailleurs. En journée, tous les enfants sont confinés à l’intérieur de la maison. Il fait tellement froid. Depuis dix ans que j’habite Yaoundé, je n’ai jamais vu ça », confie Anastasie Mebenga, mère de famille.

De là à voir une manifestation du dérèglement climatique, il y a un pas que le vieux P. Essono, autochtone du village Febe dans l’une des collines à l’Ouest de la capitale, tarde à franchir. « J’ai plutôt l’impression que Yaoundé est en train de retrouver son climat d’antan. Quand moi j’étais gamin, les « oyon » -ndlr : petite saison de pluies- étaient très froids et pluvieux. La saison coïncidait avec la période de récolte des arachides et de défrichage des cacaoyères. Nous avions alors du mal à vaquer à ces occupations parce qu’il faisait très froid.

C’était aussi le moment où beaucoup d’enfants soufraient du « nyam-nyam », une forme de paludisme », explique le vieillard, 87 ans au compteur. A quelques différences près, les services météo installés dans la ville partagent l’avis du vieil homme. « Les événements climatiques quels qu’ils soient n’ont pas de sens s’ils sont pris individuellement. Le climat est, par nature, tout à fait aléatoire. Mais si la fréquence d’un phénomène augmente de façon significative, on pourra l’interpréter comme un signe de changement climatique global », expliquent-ils sur le site Internet.

Tout comme à l’époque du vieux Essono, ces chutes de températures sont malheureusement synonymes de maladies. Dans les formations sanitaires de la ville, les motifs de consultation pour des maladies respiratoires se sont accrus. « Nous voyons apparaître des cas de bronchiolites chez les nourrissons.

En général, c’est une maladie qui sévit en septembre et octobre. Les cas de rhumes, de toux, de broncho-pneumopathies plus ou moins compliquées se multiplient également, entraînant même des hospitalisations », explique Dr Onana A., pédiatre. Ce dernier recommande d’ailleurs de maintenir les enfants au chaud, en évitant de multiplier les bains, et en les couvrant bien la nuit.

Au demeurant, les caprices du climat ne sont pas pour déplaire à tout le monde. Ils arrangent plutôt les affaires de certains commerçants. Les vendeurs de la friperie (pull-overs, cardigans, chaussettes, écharpes, châles…) se frottent les mains. « Les prix des vêtements pour enfants ont grimpé. En mars, j’achetais les grenouillères ici à 800 F la pièce. Maintenant, je dois débourser 1200 voire 1500 F. Les pull-overs qu’on liquidait à 300 F sont maintenant à 1000 F, à prendre ou à laisser », se plaint dame Ntouda, habituée du marché Elig-Edzoa. Reste que les uns et les autres devraient ronger leur frein pendant quelque temps encore : une petite embellie ne pourrait intervenir qu’au mois de septembre.

Cameroon Tribune