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USA, LÉON TUAM: MON MESSAGE AU CAMARADE CHARLES BLE GOUDE

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 11 Jul 2012 Publié dans la categorie: Afrique, Cote d'Ivoire


MON CHER Charles Blé Goudé, Il y a bien longtemps que nous nous sommes connus. Qu’il s’agisse de toi, de Guillaume Soro ou d’autres leaders de la Fesci d’autrefois, nous sommes allés main dans la main à un moment donné. Les revendications académiques et politiques des années 90 sur le continent si bien nous rapprochèrent, et mon exil en Afrique de l’ouest avec certains de mes camarades renforça davantage ce lien. Au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire nous avions beaucoup travaillé (vous de la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) et nous du Parlement des Etudiants du Cameroun en exil ainsi qu’avec d’autres syndicats estudiantins des pays de la sous-région) dans la perspective d’une amélioration des conditions de vie des élèves et étudiants, de la justice et des libertés en Afrique.

Tout le temps que tu as embrassé et exercé des fonctions politiques dans ton pays, la Côte d’Ivoire, je n’ai ni voulu te rencontrer ni t’écrire. Camarade Blé Goudé, je ne t’avais pas envoyé le moindre mot, non pas parce que tu ne méritais pas des encouragements pour ce que tu faisais auprès du président Laurent Gbagbo pour ton pays et l’Afrique, mais tout simplement parce que j’aime si souvent prendre de distances vis-à-vis des politiques.

Pendant que les machines infernales internationales de la conspiration et des destructions se mettaient en place et sonnaient le glas pour les valeureux fils patriotes de la Côte d’Ivoire, je ne t’avais fait parvenir non plus le moindre mot particulièrement, sinon à l’ensemble des patriotes et victimes des appétits bestiaux de Soro-Sarkozy-Outtara et autres.

Cher camarade Blé Goudé, Tu comprends et maîtrises le chemin d’une lutte de libération. Tu comprends qu’un peuple entier mobilisé, sensibilisé, éduqué, uni, confiant et solidaire ne peut, dans une lutte de libération contre les forces de l’oppression, manquer de sortir victorieux. Tu te battais avec les moyens mis à ta disposition. Le courage, le dévouement, la sincérité, la fidélité et le patriotisme faisaient ta force.

Malheureusement, comme toujours dans nos luttes de libération en Afrique, les traîtres étaient déjà bien assis dans la maison. Oui, Guillaume Soro, l’un des grands traitres africains de notre temps, qui est perçu comme un génie politique et une grande source d’inspiration et glorifié par certains faux intellectuels africains, théoriciens perdus tombés dans la nuit du savoir pieds et mains liés, la vue bandée et qui croient toujours voir clairement. Lui et ses amis avaient tout le soutien international pour faire échec à ton entreprise.

Camarade, l’Afrique des faits contraires et des surprises amères a été enrichie derechef avec la vie politique ivoirienne. Imaginons-nous un seul instant un citoyen français monté au nord de la France et qui pilote une rébellion faite de toutes pièces contre l’Etat français ; que l’on distraie et empêche l’Etat français de la combattre et demande qu’il négocie avec celle-ci qui a violé les lois ou la constitution de la France, et que pendant tout ce temps les richesses du nord de la France sont pillées et vendues aux voisins de la France ou à des mains obscures étrangères. Et l’on attaque la défense française et détruit ou paralyse un bonne partie de ses moyens militaires de combat et de défense et l’empêche de vaincre cette rébellion.

Puis vient un jour on organise les élections dans la France divisée en deux, les fraudes abondent, l’institution chargée de la proclamation des résultats est désavouée par la communauté internationale, le président au pouvoir est proclame élu par l’organe qui en est chargé, la communauté internationale dénonce le verdict, le président exige alors le recompte des voies, ladite communauté refuse ce qui se passe un peu partout et maintient que c’est l’ami du chef rebelle qui a gagné.

Puis l’on propose des choses mirobolantes au président légitime pour qu’il abandonne le pouvoir, il refuse. La rébellion et ses amis bombardent tuent froidement, commettent des massacres, tuent enfants, jeunes et vieillards, s’abandonnent à des purges ethniques, recouvrent les rues de cadavres, font plein d’estropiés, puis des soldats étrangers bombardent l’Élysée et en arrachent le président, l’emprisonnent et emprisonnent sa femme après lui avoir fait subir toutes les humiliations de la terre, installent l’ami du rebelle au pouvoir,

transfèrent le président légitime de France à la Haye, font la chasse dans et hors de la France aux gens fidèles au président arrêté. Ah, une scène odieuse amère qui crève le cœur aux vrais Africains ! Une vraie chimère qui ne peut se faire réelle qu’en Afrique.

Camarade Blé Goudé, je t’écris, mais je ne sais pas où tu te trouves et je ne veux pas en savoir. Mais je t’écris aujourd’hui pour te rappeler que tu es un digne fils d’Afrique plein de vision, de talent, de patriotisme, de foi et de confiance.

Je t’écris parce que tu es un buffle extraordinaire qui a combattu des lions avec assez de dextérité, de ténacité et d’intelligence, et parce que tu as montré la voie et la vraie à suivre à la jeunesse patriotique africaine.

Je t’écris, cher camarade, pour te dire que toi, le président Laurent Gbagbo et tes amis n’êtes pas des vaincus, mais une sorte de grands vainqueurs ; ton passage politique récent a mis l’ennemi hors de lui-même et a enseigné au peuple africain que la libération totale de l’Afrique ne s’obtiendra jamais à travers une quelconque négociation avec les forces ennemies de l’extérieur ou de l’intérieur.

Je t’écris parce que tu dois être fatigué de pleurer des camarades connus et Ivoiriens inconnus que ton ancien ami, notre camarade Guillaume Soro et son parrain et complice Ouattara ont fait massacrer dans les rues, dans les maisons, dans des villes, dans des villages, dans les champs et forets de Côte d’Ivoire.

Camarade Blé Goudé, tu es un foyer allumé qui a assez réchauffé l’Afrique. De ton œil de sage, regarde ce message comme un bout de bois qui te ravive. Et où que tu te trouves, que le vent transporte et laisse tomber dans tes oreilles mes mots de gratitude, d’encouragement et de soutien. Que Dieu et nos ancêtres africains te côtoient et soient avec toi nuit et jour.

© Correspondance : Léon Tuam, Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant

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