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YAOUNDÉ: LE “GOUVERNEMENT DE KONDENGUI A SON PREMIER MINISTRE“

camerbe

Ecrit Par le 17 Apr 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Insolites, Société


L a fallu du temps. Mais un non-évènement.La nouvelle de l´arrestation de Marafat Hamidou Yaya et Inoni Ephraim , deux ex-barons du régime Biya a fait la Une des journaux au Cameroun comme dans le reste du monde. Leur arrestation fait suite á l´affaire Albatros, une affaire d´achat d´un avion présidentiel, mais dont l´argent avait été détourné et qui a conduit Yves-michel Fotso, Atangana Mebara, Otélé Essomba et Mendouga á la príson de Kondengui.

Inoni Ephraim et Marafat Hamidou Yaya Kondengui

Mais au fait, pourquoi cette double arrestation émeut-elle si tant les camerounais comme si vanessa Tchatchou avait retrouvé son bébé, comme si les délestages du courant et les intempestives coupures d´eau étaient terminées, comme si le chômage des jeunes avait baissé ? Pour ceux qui connaissent bien l´homme du 6 novembre, l´arrestation de ses ex-collaborateurs n´étaient qu´une affaire du temps. Comme un félin, le président Biya sait être patient avant de frapper sa proie. D´abord, le démissionner de ses fonctions, puis le laisser prendre un bon bol d´air de liberté, enfin l´envoyer en prison á kondengui. Que dis-je ? le nommer par le biais du tribunal de grande instance du Mfoundi dans le gouvernement de l´ombre de l´» Etat fédéré « de Kondengui .

Le match à distance « gouvernement de Kondengui » – gouvernement de Yaoundé

Quoiqu´on dise et peu importe les raisons pour lesquels les uns et les autres sont jetés en prison il ressort á l´analyse que la prison de Kondengui est devenue un Etat fédéré qui a son gouvernement local . Tous les ministères ou presque sont représentés á kondengui. Un coup d´œil sur la liste permet de s´en convaincre. Seul un premier ministère manquait á ce « gouvernement ».
Depuis hier, c´est chose faite. Thomas Ephraim Inoni occupe le poste ; et comme il ne pouvait pas y aller seul, il « s´est fait précéder » par son chef de terre et vice-premier ministre Marafat Hamidou Yaya.
Contrairement au lourd gouvernement de Yaoundé qui compte près de 60 ministres et assimilés, celui de kondengui a l´avantage d´être réduit , 20 membres environs, surtout de renfermer des hommes de qualité. Des garanties d´efficacité avérées pour le Cameroun. Malheureusement pour eux, ils sont victimes á tort ou á raison d´une opération Epervier á tête chercheuse dit-on, une machine á broyer tous les dauphins présidentiels avérés.
Le président Biya, 79ans, qui dit-on assume son dernier mandat présidentiel a l´art de brouiller les pistes sur sa future succession car, même privés de liberté les membres du gouvernement de kondengui ne partent pas perdants face á ceux (encore ) libres de Yaoundé . Le match sera serré le moment venu.

Des arrestations pour divertir l´opinion

À vrai dire, l´incarcération de Marafat Hamidou Yaya et Thomas Ephraim Inoni est un non-évènement. L´évènement au Cameroun, c´est le code électoral contesté, mais adopté le 13 avril dernier car, il marque le tournant politique du Cameroun á moyen et long termes.

Une belle occasion de divertir le peuple camerounais au lendemain de l´adoption d´un code électoral abondamment contesté aussi bien par l´opposition que par la société civile qui prouve que les trois mois de consultations organisés par le premier ministre Philémon Yang se sont limités aux seules poignées de main accompagnées de la remise de billets de banque flambants neufs.

Le nouveau code électoral, qui a néanmoins pour mérites, regrouper dans un texte unique et cohérent les règles régissant toutes les élections, instaurer la biométrie lors de l´inscription des électeurs sur les listes électorales, hausse exagérément les cautions pour être candidat á une élection municipale, législative ou présidentielle. Ainsi, la caution financière est multipliée par six passant de 5 millions á 30 millions Cfa; celle des législatives passe de 500.000 Cfa á 3 millions Cfa et celle des municipales passe de 25 á 50.000 Cfa.

Point n´est ici question de revenir sur les conditions d´adoption dudit code. Il est plutôt question de dénoncer cette hausse des questions qui ne tient pas compte du pouvoir d´achat réel des camerounais et mais de dérouler le tapis rouge aux fossoyeurs de l´Etat et autres brigands á col blanc. Une situation qui crée de fait deux types de candidats : d´un côté, ceux dits fortunés et de l´autre, la large majorité des camerounais démunis et désœuvrés. Une autre porte largement ouverte au détournement des biens publics et privés puisqu´il va falloir aller chercher l´argent là où il se trouve, même ce sont les deniers publics. L´assemblée nationale actuelle en est un exemple patent. D´autres prisons sont á construire ou élargir celles qui existent. L´opération Epervier et le nouveau tribunal spécial n´auront que fort á faire.

La justice camerounaise participe elle aussi de cette manœuvre de diversion de l´opinion camerounaise et internationale et confirme l´idée que bon nombre d´observateurs se font d´elle. Est-elle un pouvoir ou une simple autorité judiciaire á la botte de l´Exécutif ? On est tenté d´y répondre par l´affirmative car ses battements cardiaques correspondent généralement au coup de tête de l´homme du 6 novembre 1982.

Le timing présidentiel, seul baromètre valable dans le match serré entre le gouvernement officiel de Yaoundé et le shadow government de kondengui , entre le gouvernement de la liberté en sursis et celui de la liberté du cachot. Distraire. Divertir, á chaque occasion.

© Camerbe : Issa-Behalal

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