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Zimbabwe – Emmerson Mnangagwa : « Le temps est venu de dire non aux demi-dieux »

Jeune Afrique

Ecrit Par le 8 Nov 2017 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Afrique, Monde, Politique


Grace Mugabe et Emmerson Mnangagwa

Grace Mugabe et Emmerson Mnangagwa

Surnommé le « Crocodile » pour son caractère impitoyable, Emmerson Mnangagwa a été limogé mardi de son poste de vice-président par Robert Mugabe pour « manque de loyauté ». Il a annoncé avoir quitté son pays en raison des « menaces incessantes » qui pesaient sur lui et promis de combattre les dérives de Robert Mugabe et de son épouse.

« Je voudrais faire savoir à mes concitoyens que je ne suis plus dans le pays et que je suis sain et sauf », a déclaré Emmerson Mnangagwa dans un communiqué. « Mon départ soudain a été causé par les menaces incessantes à mon égard (…) par ceux qui ont tenté précédemment de m’éliminer, notamment en m’empoisonnant », a-t-il expliqué.

Le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu-PF), « n’est pas votre propriété personnelle ni celle de votre épouse », a-t-il ajouté à l’adresse de Robert Mugabe, promettant de revenir au pays pour diriger la formation politique.

Ancien dauphin présumé de Mugabe

Emmerson Mnangagwa, longtemps pressenti comme un possible successeur de Mugabe, a été démis de ses fonctions de vice-président lundi pour « manque de loyauté » envers le chef de l’État.

Il a été victime de la bataille de succession qui se joue pour remplacer le moment venu le président, au pouvoir depuis 1980. Sur son chemin, il a rencontré un concurrent de poids : la Première dame. Grace Mugabe « a déversé de fausses informations, des commentaires injustes et irresponsables à mon égard », a regretté Mnangagawa.

« J’ai été diffamé au-delà de l’imaginable (…) J’ai été accusé d’avoir commis des actes de trahison qui remonteraient aux années 1980. Ce n’est pas seulement faux, mais c’est risible et le président le sait », a-t-il encore affirmé.

La Zanu-PF est « un parti contrôlé par du menu fretin indiscipliné, égoïste et servant ses propres intérêts, qui tient son pouvoir non du peuple et du parti, mais de deux individus, la famille du président qui a privatisé (…) notre institution tant aimée », a-t-il poursuivi.

Un « Crocodile » réputé impitoyable

L’ancien vice-président, surnommé le « Crocodile » pour son caractère impitoyable, a accusé Robert Mugabe d’être « une personne entêtée qui pense être en droit de diriger jusqu’à sa mort » le Zimbabwe. Celui qui est déjà le plus vieux chef d’État en exercice de la planète, a annoncé qu’il se présenterait en 2018 pour un nouveau mandat.

« Le temps est venu de dire non aux demi-dieux et personnes qui sont autocentrées et ne pensent qu’à elles-mêmes et leur famille », a conclu le vice-président, promettant de « revenir au Zimbabwe pour diriger la Zanu-PF ».

Le parti, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1980, doit tenir sa conférence annuelle en décembre.

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